Visite du Chef de l’Etat à Tombouctou (2 février 2013)

Aéroport de Tombouctou – Samedi 2 février 2013
Discours de François Hollande.

LE PRESIDENT : « Mesdames et Messieurs les soldats de la République, je suis ici au Mali, à l’invitation de son Président, avec les ministres de la République – le ministre des Affaires étrangères, le ministre de la Défense, le ministre du Développement – avec le chef d’état-major des armées– l’Amiral GUILLAUD qui a conduit cette opération. Je suis devant vous pour vous dire toute notre fierté.
Lorsque j’ai pris cette décision grave, le 11 janvier, de répondre à l’appel du président TRAORE, dans le cadre des Nations Unies, je savais les risques que je faisais courir aux soldats. L’un d’eux d’ailleurs est mort dans les premières heures du combat. J’ai une pensée pour lui, en cet instant, pour Damien BOITEUX.

Je savais donc que c’était un terrain qui n’était pas facile parce que les terroristes avançaient, parce que les terroristes s’étaient réfugiés dans les villes et vous avez accompli une mission exceptionnelle avec l’armée malienne qui, ici, assure la souveraineté du Mali sur le territoire qui est le sien.

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Vous avez conduit des opérations avec une technicité, une prouesse admirables. Je pense notamment à ce qu’a été le parachutage sur cet aéroport à Tombouctou. J’ai été informé, heure par heure, par vos chefs, par le ministre de la Défense. Je sais aussi combien la situation a été encore périlleuse une fois l’opération de parachutage réussie.
Vous êtes entrés – ou plus exactement – les Maliens sont rentrés dans la ville de Tombouctou et vous avez permis qu’il y ait la sécurité et le soutien indispensables. C’est donc une preuve, d’abord, de l’amitié entre nos deux pays, Monsieur le Président ; mais aussi une preuve, s’il en était besoin, de l’efficacité de l’armée française. Mon général, je veux vous adresser toutes les félicitations au nom de la France pour ce qui a été fait.

J’ai été reçu, aujourd’hui, par les élus de Tombouctou et par la population. Un accueil magnifique, des cris de joie, des larmes de bonheur… Ce n’était pas adressé à ma personne, au président de la République ; c’était adressé aux soldats et adressé à la France. Aux soldats, parce que vous avez permis cette libération. A la France, parce que toute entière elle s’est reconnue dans la décision que j’ai prise en son nom. C’est la raison pour laquelle je voulais me tenir à votre disposition, pendant quelques minutes, pour échanger avec vous.

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Je sais qu’un certain nombre, ici, de soldats français vont être relayés par d’autres Français. Puis, ensuite, ces mêmes Français seront relayés par la mission africaine dite MISMA, toujours avec nos amis maliens qui assurent l’essentiel de l’opération. Au moment où est terminée cette première mission, je voulais vous dire que vous pouvez revenir avec fierté dans vos régiments et auprès de vos familles.
Mais le combat n’est pas terminé. Cela serait une erreur de penser que – parce que nous avons retrouvé avec nos amis maliens la capacité de sécuriser des villes comme Gao, comme Tombouctou – nous pouvons arrêter là. Les autorités maliennes – et c’est leur responsabilité – veulent retrouver l’intégrité territoriale qui, un moment, leur a été ôtée. Nous serons donc à leurs côtés, plus au Nord, pour finir cette opération.

Mais nous n’avons pas vocation à rester puisque nos amis Africains vont pouvoir accomplir la mission qui a été la nôtre jusque-là. Et puis, ensuite, la MISMA et les Maliens assureront la sécurité de tout le territoire malien.

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Voilà pourquoi je suis là aujourd’hui : pour recevoir, sûrement, l’accueil exceptionnel dont j’ai parlé de la population malienne, ce matin à Tombouctou, cet après-midi à Bamako. Mais je suis aussi là pour vous, pour vous dire notre admiration et notre grande satisfaction.
Je veux donc dire à votre général que l’opération se poursuit. Elle a non seulement notre plein soutien – comment pourrait-il en être différemment ? – mais notre confiance.

Je vous demande aussi de faire attention à vos propres vies, à celles de vos frères maliens ; de faire attention aussi à des exactions qui pourraient être commises et qui entacheraient la mission ; de faire attention à protéger les populations civiles.

Mais, je vous l’ai dit, je vous fais confiance et vous avez ici, par ma présence, l’hommage de la République. Merci. Le Président malien va s’adresser aussi à vous ».

Dernière modification : 16/05/2016

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