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Visite à l’Office central des stupéfiants (OCS)

Bamako le 30 juin 2011

Discours de S.E. M. Christian ROUYER, Ambassadeur de France au Mali, lors de sa visite à l’Office central des stupéfiants (OCS) le 30 juin 2011

Monsieur le Ministre de la sécurité intérieure, Monsieur le Directeur de l’Office central des stupéfiants, Monsieur le Directeur de la formation de la police nationale, Monsieur le Directeur de l’Ecole nationale de police, Monsieur l’Attaché de sécurité intérieure, Mesdames, Messieurs.

C’est devenu un lieu commun que de présenter la bande sahélo-saharienne comme une zone géographique dans laquelle la souveraineté des Etats sahéliens est menacée. En effet, l’immensité de ces territoires, la difficulté de leur accès, la rigueur du climat, les particularismes culturels en font un espace sur lequel les services régaliens des Etats éprouvent les plus vives difficultés à faire respecter l’ordre et la sécurité. Si cette vaste étendue est traditionnellement le théâtre de trafics séculaires, depuis quelques années le contexte sécuritaire de la région a très défavorablement évolué avec l’arrivée de nouvelles formes de criminalité, dont le terrorisme salafiste et le trafic de stupéfiants ne sont pas les moindres. L’installation pérenne de narcotrafiquants, pour la plupart d’origine sud-américaine, représente l’une des plus grandes menaces à laquelle sont confrontés les Etats de l’Afrique de l’Ouest, car si la cocaïne est sans aucun doute possible destinée à l’Europe voisine, elle répand ici au Mali et dans d’autres pays, ses germes néfastes, en déstructurant la société civile et en empoisonnant ses enfants avec son dérivé destiné aux pauvres : le crack. C’est donc l’avenir du Mali qui est l’enjeu de cette lutte inégale. Seuls des services hautement spécialisés pourront affronter des réseaux professionnels de trafiquants dotés de moyens financiers considérables.

C’est la raison pour laquelle la France a entrepris de mener un projet en coopération avec la Justice et les Services de sécurité intérieure du Mali, dont l’objectif est de doter les services de l’Etat de structures opérationnelles performantes, qui mèneront ce combat d’un bout à l’autre de la chaine pénale. Ce plan intitulé « Justice et sécurité en région sahélo-saharienne » comprend, dans son volet sécurité intérieure, deux projets. Le premier consiste à créer un « Service de police technique et scientifique », dont les locaux se trouvent ici dans l’Ecole nationale de police. Ce projet est en cours de développement et devrait être rapidement opérationnel. Le second consiste en la création d’une entité spécialisée dans la lutte contre le trafic international de stupéfiants. Ces deux unités ont été créées avec deux credo : l’interministérialité et la spécialisation. À ce titre, l’Office central des stupéfiants est exemplaire. Composé de gendarmes, de policiers et de douaniers, recrutés après des sélections objectives et rigoureuses, ce service placé sous votre autorité, Monsieur le Ministre, bénéficie de l’expertise des meilleurs services français spécialisés dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Après une semaine d’initiation aux drogues et aux précurseurs chimiques, dispensée par le Service de sécurité intérieure de l’Ambassade de France, la Brigade des stupéfiants de la Préfecture de police de Paris a envoyé deux spécialistes en techniques d’enquête. Cette formation se poursuit maintenant avec deux experts de l’unité d’élite de la Police nationale française : le RAID. Ces policiers forment actuellement les unités d’intervention de l’Office central des stupéfiants aux techniques d’observation discrète et aux filatures.

D’autres experts viendront par la suite avec, eux-aussi, cette volonté sans concession de transmettre leurs savoirs et leur expérience aux enquêteurs de l’Office central des stupéfiants. Cependant, ces formations hautement spécialisées ne pourront suffire à elles seules à endiguer ce phénomène criminel gangrénant. C’est pourquoi la France a entrepris de doter l’office de matériels qui leur permettront de diligenter leurs investigations sur l’ensemble du territoire malien.

Ainsi, la France a informatisé l’OCS et l’a doté de mobilier et de trois véhicules 4X4. L’ensemble des dépenses avoisinent les 63 millions de FCFA. Nous poursuivrons cet effort dans un contexte budgétaire contraint, car la France n’ignore pas que, face à des trafiquants déterminés ignorant les frontières, l’éradication de ces organisations passe par une plus grande détermination et une coopération internationale sans faille. Le partenariat Mali-France est déjà exemplaire, il lui faut maintenant produire des effets opérationnels, en mettant hors d’état de nuire ces réseaux de trafiquants de stupéfiants qui menacent nos deux pays. Ce combat suppose de la part de tous, à tous les niveaux de responsabilité, un engagement total, sans faiblesse et sans compromission.

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