Quinze mille c’est le nombre global d’heures de cours de français dispensées par l’OFII au Mali dans le cadre du dispositif préparation du CAI, Contrat d’Accueil et d’Intégration, depuis mars 2009.
Expérimenté depuis 2003 dans le cadre de la nouvelle politique d’accueil des étrangers, le CAI, obligatoire depuis 2007, concerne les ressortissants extracommunautaires ayant vocation à séjourner durablement en France et vise à faciliter les processus d’intégration des migrants familiaux.
Depuis la loi du 20 novembre 2007, ces derniers se voient proposer dès leur pays d’origine, une évaluation de leur niveau de français, suivie si besoin d’une formation de 40 heures de cours de français qui s’inscrit en amont de la signature du Contrat d’accueil et d’intégration (CAI).
Au Mali, le Pré-CAI a été mis en place au 1er février 2009, en collaboration avec le Consulat de France à Bamako. Les partenariats ont été mis en place avec :
le Centre culturel français à Bamako et l’association Duba à Kayes (tutelle des évaluateurs et formateurs),
les structures médicales : ARFM/CMS
, Cabinet privé malien, CELY pour la radio et Hôpital du Point G pour la visite médicale de prévention.
Dès leur arrivée en France, les migrants sont invités à signer un
Contrat d’Accueil et d’Intégration (CAI)
Ce contrat prévoit les formations suivantes sur le territoire français :
des cours de français (jusqu’à 400 h), si nécessaire,
une formation civique d’une journée pour tous,
une session « Vivre en France » sur les démarches de la vie quotidienne,
un bilan de compétence professionnelle de 3 h, proposé à tous, afin de favoriser l’accès à l’emploi et à la formation professionnelle,
une formation « contrat d’accueil familial » pour donner, aux parents bénéficiaires du regroupement familial, des repères sur l’exercice de l’autorité parentale en France ainsi que sur le suivi de la scolarité de leurs enfants.
Toutes ces prestations prises en charges par l’Etat français sont gratuites pour les intéressés.
Ce dispositif CAI est animé par l’OFII, Office Français d’Immigration et d’Intégration, présent dans de nombreux départements français ainsi qu’au Canada, Mali, Maroc, Tunisie, Turquie et Sénégal.
Au Mali, les migrants familiaux qui se préparent à rejoindre leur famille en France sont invités à une séance d’évaluation précédée d’une réunion d’information animée par l’OFII :
lors du dépôt de leur demande de visa s’ils sont conjoints de Français, et après remise par le Consulat d’une lettre de l’OFII les convoquant la semaine suivante à l’OFII,
dès après le dépôt de la demande de Regroupement Familial en France pour les familles bénéficiaires résidant au Mali, contactées par téléphone par l’OFII Bamako.
Ce premier accueil ou « pré-CAI » se déroule, dans les deux principales régions de départ :
A Bamako, dans les locaux de l’OFII, pour tous les conjoints de Français et les bénéficiaires du Regroupement Familial domiciliés dans cette région.
A Kayes, dans les locaux de l’association DUBA, pour les bénéficiaires du Regroupement Familial,
(dont l’une en présence du Consul Général de France, en novembre 2009).
La présentation du parcours d’intégration en France s’organise autour d’un diaporama et du film « Vivre en France ». Elle est suivie d’un échange avec le groupe (10 à 15 personnes /séance).
A l’issue de cette séance d’information collective en français (traduite également en bambara, si besoin en soninké), des tests individuels sont réalisés avec chaque personne convoquée, sur son niveau de français et de connaissance des valeurs de la République française. Puis les résultats sont communiqués immédiatement au Consulat pour ne pas retarder la délivrance du visa.
et 549 Maliens ont été accueillis dans le cadre de ce dispositif
Les personnes accueillies par l’OFII Mali en 2009 se préparaient toutes à partir en France pour y rejoindre leur famille et plus des deux tiers, 72, %, sont des conjoints de français, tous reçus à Bamako. Les bénéficiaires du regroupement familial, 1/3 du public, sont reçus selon leur préférence, à Kayes ou à Bamako.
Les hommes, 57,7 % sont plus nombreux que les femmes, 42,3%. La moyenne d’âge des personnes accueillies est de 28 ans pour le total du public malien, les femmes, 26 ans, les hommes, 30 ans.
Pour l’ensemble des Maliens et Maliennes reçus au Mali dans le cadre de la préparation du CAI, les tests réalisés, à Bamako comme à Kayes, ont mis en évidence un important besoin de formation en français. En effet, un bon tiers du public accueilli n’a jamais ou très peu été scolarisé au Mali.
Par conséquent, la moitié d’entre eux, ont bénéficié, de 40 h de cours de français au Mali, qui seront le plus souvent complétés par 360 h de formation en France.
Afin de mettre en place une pédagogie adaptée à la formation d’adultes migrants, une Formation de Formateurs (financée par l’ambassade de France), a eu lieu en mai 2009 dans les locaux de l’OFII à Bamako, avec l’appui de 2 formatrices du CIEP (Centre International d’Etudes Pédagogiques), pour les 10 formateurs chargés des cours de français CAI : 8 Maliens et 2 Français, 7 formateurs de Bamako et 3 de Kayes.
L’implication des formateurs dans la dynamique interculturelle et participative proposée par le CIEP a permis la co-construction d’un kit pédagogique adapté au contexte des migrants maliens et la mise en place d’une formation de qualité pour ce premier module de 40 h de français destiné aux familles se préparant à partir en France.

Pour les 20 sessions de formation linguistiques réalisées en 2009, on constate :
Un excellent taux d’assiduité : 100 % des 256 personnes convoquées,
Une forte motivation manifestée par l’ensemble des candidats, souvent présents bien avant et bien après le début des cours. Mais surtout, les migrants concernés manifestent, à la fin de ce premier parcours CAI au Mali, un fort désir de poursuivre leur effort de formation en France, ce qui est bien le but recherché.
Ces migrants familiaux se projettent tous comme travailleurs en France. Cette préoccupation est formulée de façon systématique par les hommes qui voient souvent leur départ comme la possibilité d’acquérir ou d’approfondir une formation professionnelle.
Mais la majorité des femmes alphabétisées (plus nombreuses chez les conjoints de Français) exprime aussi le désir de poursuivre une formation linguistique et professionnelle en France.
Pour en savoir plus sur le Contrat d’Accueil et d’Intégration :www.ofii.fr
