Présentation de l’aide française au Mali

La France et le Mali entretiennent des relations privilégiées et anciennes. Sur les 25 dernières années, l’aide publique au développement mobilisée par la France s’est élevée à plus de 1 130 milliards de FCFA (1,7 milliard d’euros). Partiellement suspendue en 2012, suite aux événements politiques et sécuritaires, la coopération au Mali a, depuis, repris à un niveau tout à fait important.

Une coopération bilatérale renouvelée et inscrite dans la durée…

Ce soutien s’est matérialisé le 15 mai 2013, à Bruxelles, par la Conférence « Ensemble pour le renouveau du Mali », organisée conjointement par le Mali, la France et l’Union européenne, qui a permis de mobiliser plus de 2 000 milliards de FCFA (3,3 milliards d’euros) de promesses d’aide, provenant de 56 bailleurs bilatéraux et multilatéraux. L’engagement bilatéral de la France portait sur un total de 183 milliards de FCFA (280 millions d’euros) sur la période 2013-2014, pour soutenir la mise en œuvre du Plan de relance durable du Mali (PRED), faisant de notre pays le premier bailleur bilatéral. Ces engagements pris par la France ont été tenus et même dépassés. Entre début 2013 et fin 2014, c’est un total de 203 milliards de FCFA (309 millions d’euros) que la France a engagé en faveur du Mali.

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Ce soutien se poursuit. Lors de la conférence organisée le 22 octobre 2015 à Paris par l’OCDE, le Président Hollande a annoncé que la France soutiendra le Mali à hauteur de 236 milliards de FCFA (360 millions d’euros) pour la période 2015-2017.
En 2015, l’Agence française de développement (AFD) a accordé plus de 83 milliards de FCFA (130 millions d’euros) de financements nouveaux à la République du Mali. Parmi ceux-ci figurent : 26 milliards de FCFA (40 millions d’euros) en faveur du secteur de l’énergie ; 6,5 milliards en faveur de celui de l’éducation (10 millions d’euros) ; 35 milliards pour le secteur de l’eau et de l’assainissement (53 millions d’euros) ; et 16 milliards (24 millions d’euros) en faveur du secteur bancaire.
Par ailleurs, en avril 2015, la France a procédé à une mesure d’annulation de la dette malienne pour 43 milliards de FCFA (65,5 millions d’euros). Cette annulation permet de solder la dette monétaire du Mali. Elle témoigne de l’engagement de la France à soutenir les efforts de développement économique et social du Mali, ce qui constitue l’élément clef pour la consolidation de la paix et la stabilisation de ce pays ami.

…à laquelle s’ajoutent les instruments financiers multilatéraux

En complément de cette aide bilatérale, la France apporte une forte contribution via son aide multilatérale. L’aide publique au développement de la France mobilisée au Mali à travers les instruments financiers multilatéraux s’élève à près de 40 milliards de FCFA (61 millions d’euros) par an.

La France est le second contributeur Fonds européen de développement (FED). Au titre du XIe FED, dont l’enveloppe totale pour le Mali est de 403 milliards de FCFA (615 millions d’euros) sur la période 2014-2020, la contribution française s’élève à 71 milliards de FCFA (108 millions d’euros). Le Programme indicatif national (PIN) du XIe FED sera concentré sur quatre secteurs principaux : réforme de l’Etat et consolidation de l’Etat de droit ; développement rural et sécurité alimentaire ; éducation ; infrastructures routières.

La France est également l’un des principaux contributeurs aux initiatives multilatérales en matière de santé : premier contributeur à la facilité pour l’achat de médicaments UNITAID ; second contributeur au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme ; et quatrième contributeur à l’alliance GAVI pour la vaccination. Au total, la quote-part française aux financements apportés par les différents fonds au Mali, incluant le Fonds français Muskoka, a représenté 25,6 milliards de FCFA (39 millions d’euros) entre 2000 et 2014. En 2014, la part de la France sur les décaissements des subventions du Fonds mondial au Mali s’est élevée à 2,3 milliards de FCFA (3,5 millions d’euros).

Un soutien à la mise en œuvre du processus de paix et de réconciliation

En 2015, la France a assuré la présidence de la Troïka des partenaires techniques et financiers au Mali. Elle a saisi cette opportunité pour renforcer la concertation entre le gouvernement malien et les partenaires au développement. Cette année 2015 a été marquée par la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger. L’engagement de la France dans l’accompagnement de la mise en œuvre de l’accord s’est illustré en juillet 2015 par la signature d’une convention de financement de projets d’infrastructures à impact rapide dans la région de Kidal, pour 656 millions de FCFA (1 million d’euros) dont 75% financés par l’Agence française de développement (AFD) et 25% par le Fonds national d’investissement des collectivités territoriales du Mali.

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Le 22 octobre 2015 a également eu lieu à Paris la Conférence internationale pour la relance économique et le développement du Mali organisée sous l’égide de l’OCDE. Elle a marqué la mise en œuvre d’une stratégie spécifique de développement des régions du nord du Mali. Cette conférence a aussi été l’occasion d’ouvrir une nouvelle étape du partenariat entre le Mali et ses partenaires techniques et financiers.

Gouvernance, justice et finances publiques

La gouvernance démocratique constitue la première priorité de l’aide française au Mali, dans un contexte de sortie de crise progressive. Elle se traduit par des programmes de coopération et de soutien à la réforme de l’État malien et à la modernisation de son administration. Le projet de consolidation des institutions publiques, de l’État de droit et de la société civile accompagne notamment les réformes dans le domaine de la décentralisation, de la justice et des finances publiques. La France contribue également à l’amélioration des collectes des ressources publiques à travers les régies financières (douanes et impôts). Elle accompagne les autorités maliennes dans l’élaboration de la réforme foncière.

Développement économique et agriculture

La France est l’un des partenaires historiques du secteur agricole du Mali, premier pourvoyeur d’emplois du pays (70% de la population active). Elle finance le développement de la filière coton (Projet PASE de 8,2 milliards de FCFA / 12,5 millions d’euros), de la filière rizicole dans la zone de l’Office du Niger (Projet PADON de 9,8 milliards de FCFA / 15 millions d’euros) et des filières agro-pastorales (production, transformation et commercialisation) dans les régions de Tombouctou et de Ségou (Projet PADER de 21,6 milliards de FCFA / 33 millions d’euros).
En 2015, 16 milliards de FCFA (24 millions d’euros) de prêts bancaires octroyés par les banques maliennes ont bénéficié du dispositif de garantie bancaire ARIZ, géré par l’AFD, contribuant ainsi au soutien de l’activité du secteur privé malien.

Eau, assainissement et énergies

La station compacte de traitement des eaux de Missabougou d’une capacité de 12 000 m3/j, financée par la France, a été mise en service en 2014. A la suite de la finalisation du processus de sélection des entreprises, le lancement effectif des travaux de la station de traitement des eaux de Kabala, d’une capacité de 144 000 m3/j, devrait intervenir en 2016. A terme, elle assurera la disponibilité en eau potable pour environ 1 million d’habitants de l’agglomération de Bamako. Par ailleurs, dans ce secteur, la France intervient également dans les régions (Mopti, Kayes, Gao et Tombouctou).

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Dans le secteur de l’énergie, la France a accompagné en 2015 l’AMADER, l’agence malienne chargée de l’électrification rurale. Ce financement, d’un montant de 25 milliards de FCFA (38 millions d’euros / cofinancement AFD/UE), consiste à augmenter la capacité des centrales électriques rurales existantes par l’adjonction de sources de production solaires photovoltaïques, et d’étendre les mini-réseaux attenants. Ce projet doit permettre de réaliser 22 500 nouveaux raccordements et de donner accès à l’électricité à près de 135 000 personnes supplémentaires à horizon 2022.

Secteurs sociaux : éducation, formation professionnelle, santé

Afin d’améliorer la santé maternelle et infantile au Mali, le programme d’appui au développement sanitaire et social de la région de Mopti a deux objectifs complémentaires : d’une part, renforcer sur le terrain la disponibilité et la qualité de l’offre de soins et les capacités des institutions concernées, et, d’autre part, améliorer l’accessibilité financière aux soins par la création de mutuelles dédiées au secteur informel. Ce projet, d’un montant de 8,5 milliards de FCFA (13 millions d’euros), s’inscrit au cœur des engagements pris par la France lors du sommet du G8 à Muskoka en juin 2010, où elle avait décidé d’affecter 65,6 milliards de FCFA (100 millions d’euros) supplémentaires par an pendant cinq ans en appui aux Objectifs du Millénaire pour le Développement 4 et 5 (santé maternelle et infantile).

En matière d’éducation, la France cible son appui sur l’enseignement secondaire, sous-secteur sur lequel les autres partenaires techniques et financiers sont peu présents. Elle finance la construction des lycées de Djenné, Gourma-Rharous, Barouéli et Tominian et la réhabilitation du lycée Bouillagui Fadiga à Bamako. Les travaux ont commencé en 2015 sur l’ensemble des sites. Le lancement de la construction des centres de formation professionnelle de Sikasso et Markala spécialisés dans les métiers para-agricoles devraient débuter en 2016.

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Les Objectifs de développement durable (ODD)

Au Sommet sur le développement durable du 25 Septembre 2015, les États membres de l’ONU ont adopté un nouveau programme de développement durable, qui comprend un ensemble de 17 objectifs mondiaux pour mettre fin à la pauvreté, lutter contre les inégalités et l’injustice, et faire face au changement climatique d’ici à 2030 :
1. Eliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde ;
2. Eliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable ;
3. Donner aux individus les moyens de vivre une vie saine et promouvoir le bien-être de tous à tous les âges ;
4. Veiller à ce que tous puissent suivre une éducation de qualité dans des conditions d’équité et promouvoir les opportunités d’apprentissage tout au long de la vie ;
5. Réaliser l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles ;
6. Garantir l’accès de tous à des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement et assurer une gestion durable des services en eau ;
7. Garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes à un coût abordable ;
8. Promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous ;
9. Mettre en place une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation soutenable qui profite à tous et encourager l’innovation ;
10. Réduire les inégalités entre les pays et en leur sein ;
11. Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et soutenables ;
12. Instaurer des modes de consommation et de production soutenables ;
13. Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions ;
14. Conserver et exploiter de manière soutenable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable ;
15. Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des terres et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité ;
16. Promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et ouvertes aux fins du développement durable, assurer à tous l’accès à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes ;
17. Revitaliser le partenariat mondial au service du développement soutenable et renforcer les moyens de ce partenariat.
Ces Objectifs de développement durable permettront d’achever la tâche commencée avec les Objectifs du Millénaire pour le Développement et d’élargir la couverture des enjeux de développement au Nord. Cette première démarche universelle offre un nouveau cadre au secteur du développement pour les quinze prochaines années.

L’aide humanitaire, préoccupation pour l’amélioration des conditions de vie des populations

Dans le cadre de sa stratégie 2015 au Mali en matière d’aide alimentaire, la France a apporté un appui d’1,2 milliard de FCFA (1,8 million d’euros) à travers des actions de renforcement de la résilience et pour une meilleure nutrition des populations vulnérables du Mali (PAM et CICR).

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Le renforcement des capacités de la société civile permet un développement inclusif

La société civile constitue un acteur clé du développement, notamment dans un contexte de sortie de crise. Les soutiens apportés par la France se traduisent, pour une part importante, par des partenariats entre organisations non gouvernementales (ONG) françaises et ONG maliennes. Environ 80 organisations de solidarité internationale françaises sont actives au Mali.

La France apporte également un soutien direct aux projets de la société civile malienne à travers le Fonds social de développement (FSD), d’un montant de 1,3 milliards de FCFA. Le dernier appel à projets en juin 2015 concernait la défense et l’accès aux droits et la lutte contre le dérèglement climatique, la promotion et la protection de l’environnement. Une vingtaine de projets sont financés grâce à ce dispositif.

Les enjeux liés au dérèglement climatique

Du 30 novembre au 11 décembre 2015 s’est tenue à Paris la 21ème Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), plus communément appelée COP21.

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Au Mali, la France s’est pleinement impliquée dans son rôle de présidence en assurant un contact régulier avec les autorités maliennes dans leur préparation à la COP21, et notamment dans la rédaction de la contribution nationale du Mali. Elle a également participé, conjointement avec la délégation de l’Union européenne au Mali et les Etats membres de l’UE, à divers événements en lien avec le Sommet Paris Climat 2015, dont l’ouverture de la Quinzaine de l’environnement à Sikasso en juin 2015, la journée européenne de la diplomatie climatique, l’organisation de conférences-débats ou encore le lancement de l’ inauguration de l’exposition « 60 solutions face au changement climatique ». Elle a également favorisé plusieurs actions en faveur du climat.

http://www.mali.transparence-aide.gouv.fr

Dans le cadre de la relance de sa coopération, la France a conduit une expérience novatrice en matière de transparence de son aide en mettant en ligne les informations sur ses projets au Mali. Ce site construit sur un mode interactif permet de localiser les actions menées. Cette initiative, née au Mali, a été généralisée à chacun des 16 pays prioritaires de l’aide française.

ENCADRE : Les acteurs de la coopération

Au sein de l’Ambassade de France, le Service de coopération et d’action culturelle (SCAC) est chargé de la coopération dans les domaines de la gouvernance, de l’appui à la société civile, de l’enseignement supérieur et de la recherche. Il participe aux instances de contrôle des fonds multilatéraux mobilisés par la France, notamment en matière de santé (Fonds mondial, GAVI, Muskoka). Afin de pouvoir mener à bien ses actions de coopération, le SCAC dispose de deux outils financiers, à destination de la population estudiantine malienne via son important dispositif de bourses, et des organisations de la société civile via le Fonds social de développement.

Opérateur au cœur du dispositif français de coopération, l’Agence française de développement (AFD) intervient, avec sa filiale PROPARCO spécialisée dans le financement du secteur privé, pour lutter contre la pauvreté et favoriser un développement durable des pays du Sud. Au moyen de subventions, de prêts ou de dispositifs de garantie, elle finance des projets, des programmes et des études en faveur des partenaires de la France : Etats, entreprises publiques et privées et ONG. Sur ces cinq dernières années, le montant des octrois de la France au Mali, au travers de l’AFD, s’est élevé à 252 milliards FCFA (384 millions d’euros), hors conversion de dette, dont 25% sous forme d’appui budgétaire global.

L’aide publique française est également présente au Mali à travers une coopération décentralisée dynamique mise en œuvre par 68 collectivités françaises menant des activités au Mali. Le montant de l’aide en faveur du Mali mobilisée par cette coopération est d’environ 2,6 milliards de FCFA (4 millions d’euros) par an. Les projets touchent une grande diversité sectorielle : protection de l’environnement, commerce, aide alimentaire et aide humanitaire, eau et assainissement, santé, gouvernance locale, agriculture et développement rural, éducation.

en milliards de FCFA

SecteursDécaissements 2014Décaissements 2015 (prévisionnel)TOTAL
Gouvernance démocratique et lutte contre la corruption 19,4 10,6 30
Dont appuis budgétaires généraux 19 9,8 28,8
Développement économique, développement rural et infrastructures 3,5 5,5 9
Eau potable et assainissement 1,3 3,9 5,2
Santé 2,8 1,2 4
Education, formation professionnelle, enseignement supérieur 1,3 1,3 2,6
Aide humanitaire 1,3 2,4 3,7
Société civile et culture 0,37 0,51 0,88
TOTAL 29,97 25,41 55,38

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Dernière modification : 16/05/2016

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