Participation de l’Ambassadeur de France à la Journée européenne de la diplomatie climatique (17 juin 2015)

L’Ambassadeur de France, M. Gilles Huberson, a participé à la Journée européenne de la diplomatie climatique organisée par la Délégation de l’Union européenne au Mali et les Etats membres de l’Union européenne représentés au Mali le 17 juin 2015.

Cette Journée européenne de la diplomatie climatique s’est déroulée simultanément dans une soixantaine de pays à travers le monde. Elle a été l’occasion pour des citoyens, des représentants d’organisations de la société civile, des chercheurs, des étudiants, des décideurs ou encore des diplomates de se réunir et d’échanger sur l’enjeu majeur que représente le changement climatique.

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Nyogolon

Au Mali, la Journée européenne de la diplomatie climatique s’est déroulée en trois étapes :

- Une pièce de théâtre sur les conflits liés à la terre et à l’eau dans le cadre du changement climatique présentée par la troupe Nyogolon et réalisée en bambara ;

- Une conférence-débat sur le thème « La COP21 – Quelles attentes ? » à laquelle ont participé l’Ambassadeur de France, M. Gilles Huberson, le chargé d’affaires de la Délégation de l’Union européenne, M. Andrzej Bielecki, le négociateur malien lors des négociations climatiques, M. Seyni Nafo, le Directeur des applications météorologiques et climatologiques à l’Agence nationale de météorologie du Mali, M. Birama Diarra, et le Président de l’ONG Reso Climat Mali, M. Ibrahim Togola ;

- Une émission de radio de 45 minutes, le Grand Dialogue, consacrée au réchauffement climatique et diffusée par Studio Tamani.

Cette journée s’est inscrite pleinement dans le cadre de la Quinzaine de l’Environnement au Mali (4 – 17 juin 2015).

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Discours de M. Gilles Huberson, Ambassadeur de France au Mali

Lors de la conférence-débat, l’Ambassadeur de France au Mali, en tant que représentant de la future présidence de la COP21, a notamment prononcé un discours qui a été l’occasion de souligner le caractère crucial de la COP21 qui se déroulera à Paris entre le 30 novembre et le 11 décembre prochains et de présenter les quatre axes principaux des négociations du futur accord :
- La négociation d’un accord universel et juridiquement contraignant ;
- La présentation par chaque Etat de sa contribution nationale ;
- Le financement de la lutte contre le changement climatique ;
- L’Agenda des solutions.

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De gauche à droite : M. Birama Diarra, Directeur des Applications météorologiques et climatologiques de l’Agence nationale de météorologie du Mali ; M. Seyni Nafo, négociateur du Mali lors des négociations climatiques ; M. Andrzej Bielecki, chargé d’affaires de la Délégation de l’Union européenne ; M. Ibrahim Togola, Président de l’ONG Reso Climat Mali

Discours de l’Ambassadeur de France au Mali prononcé à l’occasion de la Journée européenne de la diplomatie climatique (17 juin 2015) :

"Chers panélistes,
Madame la modératrice,
Chers invités,

Je tiens tout d’abord à remercier la délégation de l’Union européenne pour l’organisation de la Journée européenne du climat. Cette journée se déroule simultanément dans une soixantaine de pays à travers le monde. Elle est l’occasion pour des citoyens, des chercheurs, des étudiants, des décideurs ou encore des diplomates de se réunir et d’échanger sur l’enjeu majeur que représente le changement climatique.

Cette Journée européenne du climat s’inscrit également dans la Quinzaine de l’Environnement que le Mali organise chaque année au mois de juin et qui témoigne de l’importance que les autorités maliennes accordent à la problématique de l’environnement. Le Mali est en effet un pays qui n’a que très peu d’impact sur le changement climatique compte tenu de la faiblesse de ses émissions de gaz à effet de serre mais qui est particulièrement menacé par les conséquences de ce phénomène. Comme exemple, je citerai un sujet cher au Président Keïta, celui du fleuve Niger, le poumon du Mali, qui doit faire face à la baisse de ses crues, à un phénomène d’ensablement et à une pollution croissante.

La problématique du changement climatique prend d’autant plus de sens cette année que nous sommes à 5 mois d’une échéance de toute première importance pour le monde, à savoir la 21ème Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, plus communément appelée COP21, qui se déroulera à Paris entre le 30 novembre et le 11 décembre prochains. L’enjeu sera de taille puisqu’il s’agira de remplacer le Protocole de Kyoto et d’aboutir, pour la première fois, à un accord universel et contraignant permettant de lutter efficacement contre le changement climatique.

***

Chers panélistes, chers invités, vous l’aurez compris la COP21 est un évènement majeur et la France, en tant que pays hôte et future présidence, a pour objectif de parvenir à une Alliance de Paris qui permette :

- De contenir le réchauffement climatique sous les 1,5°C ou 2°C par rapport aux niveaux dits « pré-industriels », limite au-delà de laquelle les conséquences du changement climatique seront dramatiques ;

- D’adapter nos sociétés à la réalité du changement climatique et de faire en sorte que nous nous tournions vers des économies dites vertes ou sobres en carbone.

Pour arriver à ces objectifs, la France, en tant que future présidence, ne défend pas de solution spécifique mais elle s’est fixée pour mission de faciliter les débats entre pays, d’assurer un fonctionnement transparent des négociations et bien entendu, de rester à l’écoute des attentes et préoccupations de chacun.

C’est pour cela que la France est entièrement mobilisée, à commencer par le Président Hollande, et travaille avec ses partenaires sur quatre points principaux qui formeront le cœur de l’Alliance de paris :

1/ Le premier point porte sur la négociation d’un accord universel et juridiquement contraignant ;

2/ Le second point porte sur la présentation, par tous les pays, de contributions nationales c’est-à-dire des objectifs que se fixe chaque Etat en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et en matière d’adaptation à la réalité du changement climatique. Je sais que le Mali y travaille activement ;

3/ Le troisième point porte sur le financement de la lutte contre le changement climatique. Il s’agit de faire en sorte que l’engagement pris à Copenhague en 2009 de mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020, au profit des pays en développement, soit effectivement tenu. Plus largement, il s’agit également d’inciter tous les acteurs financiers, publics et privés, à réorienter leurs financements vers des économies sobre en carbone ;

4/ Enfin, le 4ème point concerne le renforcement et la promotion des initiatives provenant de la société civile et des acteurs non-étatiques dans le cadre de ce qu’on appelle l’agenda des solutions.

Chers panélistes, chers invités, je sais que sur les points que je viens d’évoquer précédemment, les pays du continent africain, réunis au sein du groupe Afrique, ont des attentes particulières, notamment sur la question de l’équilibre entre l’atténuation et l’adaptation, les financements ou encore le soutien au développement des énergies renouvelables sur le continent. Les négociateurs africains ont pu rappeler ces attentes lors des dernières négociations à Bonn en Allemagne qui se sont terminées la semaine dernière.

Je conclurai sur ce point en soulignant une nouvelle fois que l’objectif de la COP21 est que les attentes chacun soient prises en compte le mieux possible. C’est pourquoi les 5 mois à venir vont être mis à profit pour multiplier les consultations et permettre de parvenir à un consensus.

Je vous remercie et laisse la parole aux panélistes qui pourront entrer dans les détails et répondre à toutes vos questions."

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Nyogolon
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Nyogolon

Dernière modification : 18/06/2015

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