S.E. M. Christian ROUYER a inauguré une école maternelle à Sébougou (Ségou), en présence des plus hautes autorités locales. Ce projet est financé par le Conseil Général des Alpes Maritimes.
INTERVENTION PRONONCEE LORS DE L’INAUGURATION DE L’ECOLE DE SEBOUGOU (9 décembre 2011)
Monsieur le Préfet,
Monsieur le Maire,
Monsieur le Chef de village,
Messieurs les représentants académiques,
Monsieur le Président du Conseil de gestion
Madame la Directrice,
Cher M. Crolet,
Mesdames, Messieurs,
C’est un grand plaisir pour moi et les amis qui m’accompagnent, de découvrir votre commune par cette belle matinée. Je tiens à vous dire à la fois combien je suis sensible à votre accueil et combien je regrette que des événements tragiques aient dû me contraindre à remettre ce déplacement de quelques jours.
Quand vous m’avez écrit début novembre, cher Jean-Claude Crolet, que votre association au nom si curieux d’« ASFODEVH 06 Mali » avait eu, je vous cite, « la joie de construire une école maternelle entièrement financée par le Conseil général des Alpes-Maritimes » et que vous aimeriez l’inaugurer, je n’ai guère hésité à adhérer avec enthousiasme à ce projet.
A cela, quatre bonnes raisons :
1) les Assises de la coopération décentralisée, le week-end dernier, à Bamako, ont été l’occasion de célébrer la densité et la vitalité de la coopération entre collectivités territoriales des deux pays ; avec 167 partenariats recensés, c’est une composante majeure des relations franco-maliennes ; l’engagement du Conseil général des Alpes-Maritimes qui a entièrement financé cet établissement en est une illustration ; je tiens à rendre hommage aux élus de ce département pour leur engagement au service de l’éducation et du développement.
2) je voulais, en second lieu, saluer le travail de terrain que fait « l’Association pour la formation et le développement humain », que vous présidez, M. Crolet. Cette école n’est qu’un volet de votre action. Vous êtes présent dans d’autres domaines.
Ainsi, le Service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France appuie un projet de transformation et de conservation de la tomate, avec pour ambition d’être une alternative à la migration précoce des filles originaires de trois villages de la région de Ségou (Yangasso, Kimparana et Cinzana). Ce projet d’un montant, je crois, de 11 000 €, sera mis en œuvre en partenariat avec le Mouvement national des femmes pour la sauvegarde de la paix et l’unité nationale (MNFPUN). Le projet va bien au-delà de la simple formation à la transformation de la tomate, puisqu’une soixantaine de filles des trois villages seront aussi formées à l’alphabétisation et à la gestion financière de leurs activités. Elles seront informées sur les maladies sexuellement transmissibles et sur le VIH/sida. Après la formation, un fonds d’appui au démarrage des activités génératrices de revenus sera octroyé aux jeunes filles.
3) qui dit « école maternelle » dit bien sûr « petite enfance ». Je voulais témoigner de l’engagement de la France pour accompagner le Mali sur l’ensemble des problèmes qui concernent la « petite enfance » et qui doivent être perçus comme formant un tout.
La « petite enfance » doit être avant tout préservée : préservée sur le plan sanitaire, et notre coopération dans le domaine médical, celui de la lutte contre le paludisme en particulier, y contribue ; préservée contre l’abandon et préservée contre l’exploitation. Indépendamment des actions conduites en matière d’adoption internationale, la France est un des rares pays partenaires du Mali, à avoir prévu un budget spécifique pour la Protection de l’Enfance et notamment celle des enfants des rues à Bamako. La « petite enfance » doit également être accueillie et préparée à entrer de plain-pied dans le système scolaire. C’est là toute l’importance de disposer d’un bon réseau d’écoles maternelles. Vous avez, avec cet établissement, un exemple de ce qui peut être fait avec de la volonté et un minimum de moyens financiers et humains.
4) enfin, et c’est la quatrième bonne raison de ma présence parmi vous, je pense que la question de l’éducation est un problème majeur du Mali qui doit relever d’importants défis, tant au plan quantitatif (insuffisance de maîtres, disparités dans l’accès à l’éducation) qu’au plan qualitatif (formation du personnel, insuffisance des infrastructures, enjeux de la gestion des flux d’élèves de plus en plus nombreux).
L’éducation est, pour l’ensemble des acteurs de la coopération française, un secteur d’intervention prioritaire, avec un triple objectif : améliorer l’accès à l’enseignement, améliorer la qualité de l’enseignement, appuyer le secteur de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur. Tant l’Agence française de développement que le Service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade sont mobilisés pour répondre à ces objectifs.
Une école maternelle est tout un symbole. C’est la première marche qui permet de s’engager sur l’escalier de la formation. Elle est importante. C’est pourquoi je redis combien je suis reconnaissant à tous ceux qui, en France et au Mali, ont conçu et réalisé cet équipement de proximité, qui répond à un besoin fondamental et, je dirai même, à un droit, celui à l’éducation.
Aux quatre raisons que je viens d’indiquer, j’en ajoute une cinquième, après vous avoir entendu, Monsieur le Président du Conseil de gestion. Je me félicite de votre objectif affiché d’assurer, dans cette école, la parité entre filles et garçons, et de votre volontarisme pour donner à la femme la place qui doit lui revenir dans la société malienne. Aujourd’hui, plus que jamais, je crois que la femme malienne a plus besoin de reconnaissance que d’être mise sous tutelle.
Je vous remercie de votre attention.
