Discours de l’Ambassadeur de France au Mali pour le 14 juillet 2015

Discours de l’Ambassadeur de France au Mali prononcé lors de la cérémonie du 14 juillet organisée à la Résidence de France à Bamako :

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Monsieur le Ministre des Maliens de l’Extérieur, représentant le Gouvernement du Mali,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les représentants des institutions maliennes,
Mesdames et Messieurs les représentants du corps diplomatique,
Mesdames et Messieurs les représentants des institutions religieuses,
Messieurs les officiers généraux,
Mes chers compatriotes français,
Chers amis maliens,
Chers amis de la France et du Mali,

Je suis heureux de vous accueillir ce soir dans les jardins de la résidence de France pour célébrer ensemble le 14 juillet 2015. Cette célébration, nous l’avons voulu placée sous le signe de l’avenir, comme un écho au chemin parcouru par le Mali depuis un an.

Car le Mali vient de vivre une étape cruciale de son histoire avec la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation issu des discussions tenues à Alger. Cette signature n’aurait pas été possible sans l’engagement de toutes les parties maliennes pour avancer vers la paix et la réconciliation dans un Mali uni, et sans l’action personnelle du Président Keïta.

Le Président de la République française, François Hollande, l’a dit au Président Keïta, et je le dis à nouveau : Félicitations au peuple malien, félicitations pour avoir choisi la voie de la paix et de la réconciliation... La « voie Mandela » est toujours la bonne… Et toutes nos félicitations aussi à l’Algérie, pour avoir autant contribué à la paix et à la sécurité régionale…

Est maintenant venu le temps de travailler, tous ensemble, à la mise en œuvre de cet accord afin que le peuple malien en retire tous les bénéfices.

Chers amis Maliens, la France, pays ami de longue date, se tiendra aux côtés du Mali dans la mise en œuvre de cet accord. Car je tiens à le rappeler ici, la relation entre la France et le Mali est une relation d’amitié profonde, et ancienne.

Cette relation a, il est vrai, aussi été marquée par des tragédies telles que la colonisation ou la Traite (nous sommes reconnaissants au Président Keïta de s’être rendu en Guadeloupe, le 10 mai dernier, pour participer à l’inauguration du mémorial ACTe de Pointe-à-Pitre).

Rappelons-nous que cette relation a aussi été marquée par le sacrifice de milliers de Maliens lors deux guerres mondiales pour venir en aide à la France. Je le dis devant les anciens combattants : nous ne les oublierons jamais.

Mais cette relation, aujourd’hui, est d’abord et avant tout celle de deux pays proches, qui ont en partage des populations, des familles, une langue, et des valeurs communes…

***

Chers invités, cette année encore, vous l’aurez constaté, j’ai souhaité que ce 14 juillet soit placé sous le signe du développement, clef de la stabilité et de la prospérité pour un Mali uni.

Comme en 2013, l’année 2014 a été une année où les engagements de la France ont été très importants.

En 2014, c’est un total de 261,4 milliards de FCFA que la France a engagé en faveur du Mali, et je le dis avec fierté, notre pays est le premier contributeur bilatéral du Mali pour la période 2013-2014. En outre, la France a annulé la dette monétaire du Mali pour un montant de 43 milliards de FCFA, et envisage de porter ses engagements à 320 milliards de FCFA pour la période 2014-2018 au bénéfice de l’ensemble du Mali.

La France est également le second contributeur au Fonds Européen de Développement avec lequel elle apporte un appui de 68 milliards de FCFA pour la période 2014-2018.

Enfin, les entreprises françaises ont fait preuve de leur engagement à accompagner le Mali pour son développement comme en témoignent les visites de délégations d’entreprises conduites par Business France et le Medef International.

Chers invités, au-delà des chiffres, le souci de la France est également de veiller à l’efficacité de son aide notamment dans cette période décisive de la mise en œuvre de l’accord de paix afin que les populations affectées voient concrètement la différence entre avant et après l’accord. C’est pour cette raison que « l’équipe de France », de cette ambassade, avec Barkhane, a développé depuis 2014, en lien avec l’ANICT, un modèle pour développer des projets à impact rapide au nord du Mali, bâtis pour et par les populations locales. Pour 2015 et 2016, la France prévoit une enveloppe de 4 milliards de FCFA et les premiers projets seront réalisés dès la fin de l’année. Mais le sud du Mali ne sera pas oublié !

***

Chers invités, je ne saurais m’adressez à vous en ce 14 juillet sans rendre un hommage à nos soldats, mais également aux militaires maliens et internationaux qui œuvrent à la stabilisation du Mali. Depuis son déploiement, Barkhane a multiplié les succès et réduit considérablement le volume et l’action des groupes terroristes et je tiens à rendre hommage à ceux qui, cette année encore, ont payé le prix du sang pour leur engagement. Mes pensées vont notamment au sergent-chef Dupuy et à sa famille mais également à ses camarades maliens et de la MINUSMA.

La coopération franco-malienne en matière de défense a également vue l’élaboration d’un traité de coopération en matière de défense rénové, dont la loi de ratification vient d’être votée par l’Assemblée nationale malienne. Je profite également de cette occasion pour vous annoncer la création, ce matin, 14 juillet, de la section malienne de la légion d’honneur. Son président, M. Founéké Keita, est présent parmi nous et je le salue, ainsi que le général Loeuillet de la société des membres de la Légion d’honneur qui a fait le déplacement depuis Paris spécialement pour cet évènement. Je tiens aussi à saluer notre attaché de défense, le Colonel Battesti, dont c’est le dernier 14 juillet sous l’uniforme, après 5 ans de service au Mali…

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Chers invités, je viens de mettre en avant la détermination des soldats français et je voudrais à présent mettre en avant celle de la communauté française. L’année qui vient de s’écouler aura été marquée par l’apparition de la maladie à virus Ebola au Mali – qui, je le souligne au passage, a brillamment été gérée par les autorités maliennes et le président Keïta personnellement – mais aussi par le tragique attentat à la Terrasse le 7 mars dernier qui a coûté la vie à plusieurs personnes dont celle de notre compatriote Fabien Guyomard.

Encore une fois, comme par le passé, la communauté française, vous mes chers compatriotes et amis, avez maintenu votre confiance au Mali et fait preuve de votre attachement à ce pays. Et vous êtes non seulement restés mais d’autres vous ont rejoints. C’est ainsi que le nombre de Français enregistrés est passé de 4 800 à plus de 7 000 personnes en deux ans.

Mes chers compatriotes, pour toutes ces raisons, je salue une nouvelle fois votre courage, votre dynamisme, votre diversité et votre contribution à l’amitié franco-malienne.

Cette amitié franco-malienne, rien ne peut mieux la symboliser que le lycée Liberté où se côtoient nos enfants, français et maliens. Cette année encore, les résultats au baccalauréat ont été excellents avec un taux de réussite de 93,7% soit 89 candidats reçus sur 95 et 50% de mentions. Je le dis, bravo et félicitations aux enseignants et aux parents. Nous avons le plaisir d’accueillir ce soir à la tribune, les deux mentions très bien de la cuvée 2015 : Mlles Diamilatou N’DIAYE et Diariatou BERTHE, je vous félicite chaleureusement : votre excellence fait notre fierté.

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Chers invités, avant de conclure et de vous laisser profiter pleinement de cette soirée du 14 juillet, j’ai un double devoir à accomplir.

Tout d’abord, je souhaiterais vous présenter l’invité d’honneur de ce 14 juillet 2015 : M. Lassana Bathily, un héros pour le Mali et pour la France, et aussi un symbole des valeurs de fraternité que nos deux pays défendent.

Mon cher Lassana, cher compatriote, lorsque je vous ai demandé ce que vous vouliez, vous m’avez répondu « pour moi rien ; pour mon village natal, un château d’eau ». Le projet de château d’eau que vous avez souhaité est en bonne voie. Tous les aspects techniques sont réglés et les travaux de construction commenceront dès après la saison des pluies.

A présent, je souhaiterais me tourner mon autre invité de marque, M. Samuel Sidibé, à qui je vais remettre les insignes de Commandeur des Arts et Lettres.

M. Samuel Sidibe, le parcours d’un homme se colore de lieux, de matière et de rencontres.

Somasso, les Monts d’Auvergne, Paris et la colline Sainte-Geneviève ont marqué votre formation. Vous êtes né à Somasso, non loin de Ségou.

En 1971, ayant réussi brillamment votre bac littéraire, vous obtenez une bourse d’étude en France pour étudier… la muséologie. C’est l’université de Clermont Ferrand qui vous accueille en histoire de l’art. Vous rédigez votre mémoire de maîtrise sur les poteries de Lezoux, cette technique d’origine auvergnate qui s’exporta jusqu’en Afrique romaine. Un trait d’union entre l’Auvergne et l’Afrique.

Après votre thèse sur « L’archéologie funéraire de l’Ouest africain : sépultures et rites » soutenue en 1980 à la Sorbonne, vous quittez la France pour rejoindre le Mali. Recruté à l’Institut des sciences humaines de Bamako, vous partez en croisade contre le pillage des sites archéologiques et le trafic illicite du patrimoine culturel malien.

En 1987, vous êtes nommé Directeur du musée national, poste que vous occupez encore. Depuis près de 30 ans, vous avez su, avec excellence, mettre en valeur et entretenir les collections pour en faire « un exemple africain pour la culture » : le premier en Afrique de l’Ouest pour la qualité et l’abondance de ses collections et pour le rayonnement du patrimoine malien.

Votre expertise est aujourd’hui internationalement reconnue : vous êtes notamment membre de la Commission des acquisitions du Quai Branly. On ne peut d’ailleurs parler du Musée national sans évoquer les évènements marquants que vous y avez organisés tels que l’exposition « Vallée du Niger » ou les rencontres africaines de la photographie de Bamako dont la prochaine édition se tiendra en novembre 2015.

M. Samuel Sidibé, la distinction que j’ai l’honneur de vous remettre ce soir me permet d’honorer un homme d’engagement, un homme de culture, un humaniste et un visionnaire.

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Je vous remercie de votre attention, et je vous souhaite, à toutes et à tous, un excellent 14 juillet 2015. Que cette soirée soit belle et populaire.

Vive le Mali, Vive la France, Vive l’amitié franco-malienne.

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M. Gilles Huberson, Ambassadeur de France au Mali, M. Abdourhamane Sylla, Ministre des Maliens de l’Extérieur, et M. Lassana Bathily, invité d’honneur du 14 juillet 2015
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Remise des insignes de Commandeur des Arts et Lettres à M. Samuel Sidibé, Directeur du Musée national

Dernière modification : 30/07/2015

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