La France au Mali Ambassade de France à Bamako
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Déclarations du Porte-Parole sur le Mali pour les 3 derniers mois.

Les déclarations du Porte-parole ci-dessous ne portent que sur les 3 derniers mois et concernent exclusivement le Mali. Pour accéder aux déclarations plus anciennes et plus générales, vous êtes invités à consulter la rubrique " Actualités/actualités en France/points de presse du Porte parole" accessible dans le bandeau de la page d’accueil du site internet de cette Ambassade.

Déclarations du 15 mai :

Q - Pouvez-vous me dire ce que la France attend de la conférence sur l’aide au Mali. La première réunion n’avait pas eu les résultats attendus. Y a-t-il une mobilisation plus forte des bonnes volontés. Comment voyez-vous la situation politique sur le terrain ? Des élections sont elles possibles en juillet ? Merci.

R - Sur votre première question, M. Laurent Fabius s’est exprimé ce matin à Bruxelles à l’ouverture de la conférence des donateurs, qui réunit autour des Maliens les pays de l’Union européenne et de l’Union africaine : " Nous allons apporter une aide importante au Mali, probablement près de 2 milliards d’euros (...). Depuis février, nous avons repris notre coopération bilatérale : mise en oeuvre d’un plan d’urgence, notamment dans les zones libérées, soutien de l’Etat malien afin de permettre le redémarrage des services publics essentiels (aide budgétaire, conversion de dette), reprise progressive des projets structurels en matière de gouvernance, d’éducation, de santé, de développement rural, d’infrastructures et de soutien au secteur privé. Dans le cadre de cette conférence, et en réponse au "Plan pour la relance durable" du Mali, nous nous engagerons pour la période 2013-2014 comme nous l’annoncerons aujourd’hui. En plus de cette aide bilatérale, la France apportera une forte contribution via son aide multilatérale".

Sur votre deuxième question, le dialogue et la réconciliation de l’ensemble des forces politiques et sociales sont des éléments-clés d’une sortie de crise durable. La commission nationale de dialogue et de réconciliation, qui vient d’être officiellement installée, est représentative de la diversité du Mali. Elle a maintenant un rôle essentiel à jouer.

S’agissant de votre dernière question sur les élections, M. Laurent Fabius a confirmé hier la nécessité du respect du calendrier. La tenue d’élections libres, transparentes et crédibles est essentielle pour la réussite de la transition et la légitimité politique des nouvelles autorités. Ces élections devront avoir lieu sur l’ensemble du territoire malien.

Déclarations du 12 avril :

Q – Où en est la résolution créant une force des Nations unies au Mali ?

R – Les choses avancent bien. Nous sommes dans les temps pour une adoption de la résolution avant la fin de ce mois et pour un déploiement au début du mois de juillet prochain.

Nous avançons sur les différentes dispositions de ce type de résolution : définition du mandat pour une force de stabilisation, volume de la force sur la base du rapport du secrétaire général, etc. Il y a aussi des discussions sur ce que sera la contribution française à cette force et à la force qui remplira des missions de lutte contre les groupes terroristes, missions dont il est entendu qu’elles n’entreront pas dans le mandat confié à la force de stabilisation sous casques bleus.

Q – Y a-t-il encore des réticences au conseil de sécurité ?

R –Sur les principes, sur les objectifs, sur le calendrier, sur l’articulation entre ce qui relèvera de la force et ce qui n’en relèvera pas, sur la disponibilité de la France à participer, les choses avancent et sans réticence particulière.

Il faut souligner d’autres bonnes nouvelles : le processus électoral qui se met en place pour tenir les délais du mois de juillet et les récentes nominations des membres de la commission de dialogue et de réconciliation. Les autorités maliennes tiennent leurs engagements. Le déplacement du premier ministre malien à Gao aujourd’hui mérite aussi d’être relevé. Tout cela va dans le bon sens./.

Déclarations du 11 avril :

Q - Le Pentagone a jugé "totalement incapable" les troupes de la Cédéao envoyées au Mali. Quel est votre avis sur l’efficacité de ces troupes ?

R - Les États africains, en particulier d’Afrique de l’Ouest et de la zone sahélienne, ont réagi rapidement à la crise au Mali en déployant en quelques semaines une force africaine, la MISMA, forte de 6300 hommes.

La MISMA, aux côtés des forces maliennes et françaises, a pris une part active aux opérations contre les groupes terroristes présents dans le nord du Mali et poursuit actuellement son déploiement dans les régions libérées où elle contribue à l’amélioration de la sécurité. Les troupes de la MISMA, comme les forces tchadiennes, ont payé leur engagement d’un lourd tribut humain, ce qui commande le plus grand respect.

Les Nations unies, via le fonds fiduciaire des Nations unies pour la MISMA, et certains grands contributeurs, au premier rang desquels l’Union européenne et les États-Unis, mettent en place une aide importante pour combler les manques de la MISMA en matière d’équipement. Grâce à cette aide, les capacités de la MISMA devraient rapidement s’accroître.

Les forces françaises au Mali appuient également la montée en puissance de la MISMA et continueront à le faire jusqu’à sa transformation en opération de stabilisation des Nations unies. Cette transformation vise en particulier à poursuivre cette montée en puissance et renforcer les capacités de la force à assumer la mission de stabilisation qui résulte du changement de situation sur le terrain.

Déclarations du 2 avril :

Q – Est-ce que avec toutes les difficultés, d’équipement, d’installation des forces africaines ont peut toujours parler d’un début de retrait des forces françaises fin avril ?

R - Oui, le calendrier a été publiquement affiché et sera tenu. Nous partons de l’idée que, autant notre intervention était nécessaire et urgente - c’est le déclenchement de l’opération Serval le 11 janvier dernier – autant la France n’a pas vocation à rester de manière permanente au Mali. Notre contingent, qui est aujourd’hui de l’ordre de 4500 hommes sur place, commencera à décroître ce mois-ci. Il sera environ de 2000 hommes en juillet et de 1000 hommes à la fin de l’année.

Contrairement à ce qu’on a pu lire ici ou là, cela ne signifie pas que nous allons plier armes et bagages du jour au lendemain. La décrue des contingents français se fera de manière maitrisée et ordonnée au fur et à mesure de la montée en puissance des forces armées maliennes et de la force africaine de la MISMA, dont les effectifs sont progressivement déployés de plus en plus au Nord du Mali, puis du passage de relais entre la MISMA et l’opération de stabilisation des Nations unies, à partir de juillet.

J’ajoute que l’opération EUTM déployée par l’Union européenne a pour mission de former l’armée malienne. Cette opération est dirigée par un général français, le général Lecointre. La France en est la nation cadre. Les premières sessions de formation, pour un premier bataillon de 650 hommes, commencent cette semaine.

Ce qu’il faut souligner enfin, c’est que ce calendrier militaire est calé sur un calendrier politique. Car, en plus des aspects sécuritaires, il y a deux autres volets tout aussi essentiels et sur lesquels nous avançons aussi : d’une part, le volet politique avec les élections prévues en juillet et l’annonce – très bienvenue - des premières nominations à la tête de la Commission de réconciliation ; d’autre part, le volet de développement avec pour prochaine échéance importante la conférence que nous co-présidons avec l’Union européenne à Bruxelles, le 15 mai. Le ministre des Affaires étrangères se rendra en fin de semaine prochaine, le 5 avril précisément, à Bamako pour s’entretenir de tous ces aspects avec les autorités maliennes.

Q – Sur les aspects sécuritaires uniquement : donc la MISMA avait prévu d’avoir 8500 hommes à peu près, l’ONU prévoit plus de 11000 soldats, plus 1200 ou 1400 policiers.

Est-ce que la France à pris une position de principe sur la participation à une force onusienne ?

Si vous avez un chiffe, j’imagine que ça n’est pas encore décidé parce que ça ne fait pas le compte, déjà sur la MISMA et le nombre de la force onusienne ? C’est la France qui présente la résolution au Conseil de sécurité sur le Mali ?

R – Sur les chiffres, en effet, ce sont à peu près les chiffres qui figurent dans le rapport du Secrétaire général des Nations unies.

Deuxièmement, l’idée est bien en effet d’avoir une opération de stabilisation qui reprend l’essentiel de la MISMA parce que nous souhaitons que cette opération soit majoritairement africaine mais cela ne veut pas dire qu’elle sera parfaitement identique à la MISMA.

Il y aura certainement, ne serait-ce que du fait de l’augmentation du nombre, des contingents supplémentaires et tous les contingents de la MISMA ne se retrouveront pas nécessairement au sein de l’opération sous casques bleus. La période, en moyenne de deux mois, entre l’adoption de la résolution par le Conseil de sécurité et le déploiement de la force, sert justement à réaliser les travaux liés à la mise en place de la chaîne de commandement, à la définition des missions, à la génération des forces, à la certification des contingents, etc.

S’agissant de la participation de la France, nous resterons impliqués, et certainement à plusieurs titres. Nous le serons au titre d’EUTM pour commencer. Nous participerons aussi à la force des Nations unies sous des formes à déterminer. Enfin, pour accomplir des missions qui n’entreront pas dans le mandat de la force des Nations unies, pour tout ce qui touche à la lutte contre le terrorisme, la France restera présente là encore selon des modalités à préciser, par exemple la localisation de nos troupes./.

Déclarations du 20/03/13

Q - Comment réagissez-vous à l’inculpation du journaliste Boukary Daou au Mali ?

R - La France exprime sa préoccupation suite à l’inculpation d’un journaliste malien pour "incitation à la désobéissance". Elle appelle à sa libération immédiate.

La France rappelle son attachement à la liberté d’opinion et d’expression ainsi qu’à la liberté de la presse, garanties par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifié par le Mali. Le respect de ces libertés est un élément indispensable du retour à l’Etat de droit et de la réussite du processus de réconciliation nationale.

Déclarations du 13/03/13 :

Accusations du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme contre l’armée malienne :

La France demeure préoccupée par la situation des droits de l’Homme au Mali, et notamment les faits d’exactions rapportés par le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme.

La vengeance ne saurait jamais être une forme de justice. L’exacerbation des tensions ethniques est particulièrement inquiétante. Les forces françaises ont reçu pour consigne d’être très attentives aux éventuelles violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire dont elles pourraient avoir connaissance, et de notamment relever tout élément de preuve d’exactions. La France les portera, le cas échéant, à la connaissance des autorités maliennes.

Nous saluons les prises de position claires des autorités maliennes contre toute exaction et leur engagement à traduire leurs auteurs devant la justice. Il ne peut y avoir aucune impunité pour ces actes. Nous nous félicitons que les autorités maliennes aient conclu un accord de coopération avec la Cour pénale internationale, qui a ouvert une enquête sur les crimes de guerre commis au Mali depuis janvier 2012.

La France continuera d’adresser un message ferme et constant aux autorités maliennes pour leur rappeler ces engagements. Nous soutenons la création de la Commission dialogue et réconciliation et appelons les autorités maliennes à tout mettre en oeuvre pour lui permettre d’établir d’un dialogue inclusif avec la population malienne dans sa diversité.

Depuis le début de la crise malienne, la France a oeuvré au sein du Conseil du sécurité et du conseil des droits de l’Homme pour que la communauté internationale reste mobilisée sur la situation des droits de l’Homme au Mali. Elle réitère son appel au renforcement de la mission d’observation des droits de l’Homme prévue par la résolution 2085 du Conseil de sécurité.

Déclarations du 08/02/2013

Q –Nous avons reçu aujourd’hui l’information selon laquelle un attentat kamikaze à Gao avait été perpétré contre les forces maliennes. Avez-vous une idée du bilan des victimes ? Cela pourrait-il retarder l’agenda des troupes françaises au Mali ? Je vois notamment la déclaration du ministre des Affaires étrangères annonçant qu’ils commenceraient à partir en mars.

R – Je n’ai pas de bilan précis.

Nous avons dit que l’opération n’était pas terminée. Vous faites référence aux attentats suicides, il y a aussi - et c’est tout aussi récent - les mines qui ont été laissées par les groupes terroristes au moment où ils ont reflué plus au Nord. C’est une raison supplémentaire d’être prudents. Ce sont des éléments qui sont bien sûr intégrés dans la conduite des opérations et dans le déploiement de nos forces.

Le calendrier a été annoncé à grands traits. En effet, il faudra tenir compte de l’évolution de la situation sur le terrain. C’est d’ailleurs l’annonce qui a été faite : si tout se passe comme prévu, les troupes françaises pourront commencer à être retirées à partir du mois de mars. Tout cela est cohérent avec le déploiement par ailleurs de la MISMA auxquelles nous passons le relais au fur et à mesure que les zones sont sécurisées par les troupes françaises et maliennes. Les forces de la MISMA aujourd’hui sont presque à la moitié de leur déploiement sur le terrain, à Bamako et un peu plus au Nord. La montée en charge se fait progressivement.

Q – Quand les 7000 soldats de la MISMA seront-ils déployés ? A quelle échéance ?

R – Pour tout ce qui relève du détail des opérations, interrogez l’état-major des armées, mais je dirais que c’est dans les deux semaines qui viennent à peu près.

Q – Devant le sommet de l’OCI (Organisation de la coopération islamique) au Caire, le Maroc a apporté un soutien sans réserve à l’intervention française au Mali. Quelle lecture faites-vous de cette position en ce moment précis alors que certains pays de l’OCI ont émis des réserves ?

R – Tout d’abord, la France remercie chaleureusement Sa Majesté Mohamed VI, qui a salué dans son discours devant l’OCI, l’intervention rapide et efficace des forces françaises et maliennes, face à la menace terroriste qui pesait sur le Mali.

S’agissant des prises de positon de l’Organisation de la coopération islamique elle-même, nous saluons le soutien qu’elle a affiché hier au processus de dialogue et de transition politique en cours au Mali. Je crois qu’avec cette prise de position publique officielle de l’OCI, nous avons véritablement une prise de position quasi unanime de toute la communauté internationale sur la situation telle qu’elle se présente aujourd’hui au Mali, après les déclarations précédentes faites par les Nations unies, par l’Union africaine, par la CEDEAO, par l’Union européenne.

Q – Quelle est la réaction officielle à l’encerclement du camp des bérets rouges de Djicoroni par les forces de l’ordre ? Ou plus exactement, de quelle manière la lutte intestine entre les éléments des forces armées maliennes nous affecte-t-elle ?

R – J’ai vu tomber les premières dépêches il y a deux heures seulement. La situation est donc encore un peu confuse et je voudrais éviter d’en tirer des conclusions ou de faire des commentaires intempestifs. Je m’en tiendrai donc au principe mais il est très important, celui pratiqué dans toutes les démocraties du monde, de la soumission du pouvoir militaire au contrôle du pouvoir civil.

Q – A ce sujet, cela n’a pas l’air d’être vraiment le cas au Mali. Quelle est la réaction française face à ce genre de conflit ? D’autant plus qu’apparemment, selon les informations que nous avons, il y a eu des victimes civiles de ces conflits, on a eu des rapports selon lesquels les troupes maliennes auraient tiré dans la foule. Est-ce que cela ne met pas en difficulté le gouvernement français qui appuie ce gouvernement malien ?

R – Le principe que je viens de rappeler, la soumission de l’armée au pouvoir civil, est un des objectifs affichés dès le départ dans les positions françaises. C’est tellement vrai d’ailleurs que c’est notamment à la demande de la France que se déploiera très bientôt une mission de formateurs de l’Union européenne qui aura pour mission de restructurer et former les forces armées maliennes. Le rôle de l’armée dans un Etat démocratique et sa relation avec les autorités civiles et politiques en seront un élément essentiel.

Q – Considérez-vous donc que l’armée malienne est soumise au pouvoir civil actuellement ?

R – Elle doit obéir au pouvoir civil. Quand on parle de restauration de l’intégrité du territoire malien, cela suppose en effet le déploiement sur tout le territoire malien des forces armées maliennes sous l’autorité, le contrôle du pouvoir civil, ce qui se fait jusqu’à présent.

Q – Inaudible (exactions)

R – Nous avons rappelé à plusieurs reprises notre vigilance sur ce sujet et toutes les précautions que nous avons prises. C’est à notre demande notamment que la résolution 2085 comporte, ce qui est une première dans les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, des dispositions très particulières relatives au déploiement d’observateurs sur le terrain. Nous avons demandé, et c’est en train de se faire, au secrétariat général des Nations unies, non seulement de déployer très vite ces observateurs, mais d’en augmenter le nombre.

Nous avons soutenu, avec d’autres, la saisine de la CPI dont le mandat court à partir de janvier 2012 et qui sera spécifiquement compétente pour les crimes de guerre. Non seulement nous avons soutenu la saisine de la CPI, mais nous soutiendrons également son travail.

C’est aussi la France qui a demandé que parmi les formateurs de l’UE qui seront déployés très bientôt, puisque c’est le 12 février que l’opération sera lancée, il y ait des formations au droit humanitaire, au droit de la guerre, au droit des conflits armés. C’est la France encore qui a demandé qu’un détachement précurseur de cette mission, sous les ordres du général Lecointre, soit déployé très vite sur le terrain.

Nous avons aussi passé des messages aux autorités maliennes pour leur dire qu’il n’y aurait aucune espèce d’impunité si de tels actes venaient à être commis. Instruction a été donnée également à nos forces de transmettre aux autorités armées maliennes et à la CPI tout élément de preuve qu’elles viendraient à recueillir.

C’est donc un sujet de très grande vigilance pour nous et nous avons essayé de prendre toutes les mesures pour y parer, y remédier et si par malheur cela devait arriver, pour que cela ne reste pas impuni bien sûr.

Q – Dans le même sens et sur le même incident, nous avons publié un article selon lequel des troupes auraient tiré dans la foule à Bamako ce matin. Vous parliez de l’obéissance des militaires au pouvoir civil et de démocratie, mais je ne pense pas qu’on puisse dire que le régime malien est une démocratie fonctionnelle. Il y a eu ces incidents. L’intervention militaire française ne renforce-t-elle pas finalement ce régime malien qui a commis, qui commet certains excès dans le pays ? Est-ce correct de dire que la France appuie un régime qui n’est pas une vraie démocratie ?

R – On ne va pas refaire l’histoire du Mali, vous la connaissez comme moi. Il y a un président, un gouvernement en place considérés par la communauté internationale comme légitimes.

Ces mêmes autorités maliennes ont pris des engagements encore tout récemment, je fais référence à la feuille de route qui a été adoptée par le conseil des ministres maliens en fin de semaine dernière et ensuite le 29 janvier adoptée par l’Assemblée nationale malienne. Ces autorités ont pour mission d’organiser des élections et le Président Traoré a pris l’engagement public de le faire d’ici le mois de juillet prochain. Naîtra donc de cette transition un pouvoir démocratique au terme de ce processus électoral.

Q – Peut-on dire que le gouvernement malien a encore la confiance du gouvernement français ?

R – Je le répète, je n’ai peut-être pas été assez clair. Le président et le gouvernement maliens sont les autorités considérées par l’ensemble de la communauté internationale comme légitimes. Ce sont des partenaires de la communauté internationale et, à ce titre, ils ont pris l’engagement de faire ce que toute la communauté internationale attendait d’eux, c’est-à-dire l’adoption de cette Feuille de route, dont l’organisation d’élections, au terme desquelles un gouvernement démocratique et des autorités démocratiques seront désignées au Mali.

Déclarations du 7 février : Déplacement à Bruxelles de M. Pascal Canfin, ministre délégué chargé du développement, pour le soutien au Mali (5 février 2013)

Q – Qui va participer et qui est membre de ce groupe ? Dans le communiqué, que signifie exactement "renforcer l’appui de la communauté internationale aux autorités maliennes pour faire progresser…" ? Qu’est-ce qu’on peut faire et de quelle façon ?

R – C’est en fait la troisième réunion de ce groupe. La première s’était tenue à Abidjan, la deuxième à Bamako et c’est donc la troisième qui se tient à Bruxelles aujourd’hui. C’est sous l’égide à la fois de l’Union européenne, puisque cette réunion a été convoquée par Mme Ashton, et du groupe international de soutien et de suivi qui rassemble l’ensemble des acteurs internationaux intéressés par la crise malienne. 45 délégations sont attendues à Bruxelles. Nous y sommes représentés par M. Canfin.

J’ai eu souvent l’occasion de parler ici des 3 volets de la crise malienne qui doivent être réglés ensemble. Il y a un volet sécuritaire avec l’opération "Serval", la MISMA et EUTM. 

Il y a un deuxième volet politique, qui sera abordé à Bruxelles, avec deux dimensions qui sont présentes dans la feuille de route adoptée par l’Assemblée nationale malienne le 29 janvier dernier : d’une part, la transition démocratique, le processus électoral et de l’organisation d’élections. Nous avons eu l’occasion ici de rappeler les déclarations faites par le président Traoré précisant que ces élections devraient être organisées d’ici juillet prochain. C’est en effet important et urgent sachant que ces élections doivent se dérouler dans un environnement qui permette un scrutin parfaitement transparent et des résultats parfaitement légitimes. D’autre part, toujours au titre de ce volet politique, il y a le dialogue nord-sud et la nécessité pour les autorités de Bamako d’engager rapidement des discussions avec les représentants des populations du nord, notamment Touareg, sous les conditions posées par la dernière des trois résolutions adoptées sur le Mali par le Conseil de sécurité des Nations unies.

A cela s’ajoute un troisième et dernier volet qui a trait à l’humanitaire et au développement. Il y a eu des déplacés, il y a eu des réfugiés, il y en a toujours, au Mali et dans les pays voisins. Certains sont en train de revenir. C’est un mouvement dont on espère qu’il s’amplifiera avec la sécurisation progressive de la totalité du territoire malien. Il y a aussi des situations d’insécurité alimentaire. Cela pourrait concerner jusqu’à 2 millions de personnes au Mali. C’est une situation qui n’est pas spécifique au Mali mais à la totalité de cette région du Sahel. Les derniers chiffres que j’ai vus sur la région faisaient état de 18 millions de personne en situation d’insécurité alimentaire. Il y a un certain nombre de choses à faire, d’engagements à prendre sur ce volet pour lequel l’Union européenne, mais pas seulement, a des programme, et des crédits qui peuvent être déboursés pour aider le Mali et plus largement tous les pays de cette zone.

L’idée est d’avoir une approche globale de la crise malienne, qui permette d’en traiter tous les aspects. Parce que c’est à cette condition-là seulement que la sortie de crise sera durable. L’approche sécuritaire est nécessaire, mais elle n’est pas suffisante. Elle doit être prolongée sur les plans politiques, humanitaires et de développement.

Q – Par rapport à Addis-Abeba, ça c’est l’initiative européenne à l’intérieur de la conférence d’Addis-Abeba ? C’est séparé du processus d’Addis-Abeba ou c’est compris dedans ?

R – C’est séparé du processus d’Addis-Abeba. Addis-Abeba avait un objet très précis qui était un appel à contributions pour les deux trust funds qui sont mis en place respectivement pour la MISMA, d’une part et pour les forces armées maliennes d’autre part.

Q – Pouvez-vous rappeler la contribution française à Addis-Abeba ?

R – 47 millions, c’est-à-dire 20+20 sur la MISMA, + 7 sur les forces armées maliennes. Ce sont deux processus différents mais complémentaires l’un de l’autre.

Q – A-t-on une évaluation du coût de Serval jusqu’à présent ?

R – Le dernier chiffre que j’ai est celui qu’a annoncé le ministre de la défense, 50 millions d’euros, mais cela remonte à la fin de la semaine dernière.

Q – Qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur l’arrestation des deux responsables d’Ansar Ed-dine et du Mujao ? Le MNLA dit les avoir arrêtés. On n’a eu aucune confirmation côté français. Apparemment le MNLA serait décidé à les ramener à Kidal et à les remettre aux Français. Est-ce que vous avez des éléments là-dessus ?

R – J’ai lu comme vous les dépêches et les articles parus dans la presse mais je n’ai pas d’informations particulières ou de commentaires particuliers à faire.

Q – Sur le même sujet, avez-vous une liste des personnes qu’il faut arrêter au Mali ? Une liste de personne qui ont contribué à mettre ce désordre dans le nord. Maintenant que l’armée française est dans le nord, est-ce qu’elle a une liste sur les barrages ou quand elle rentre dans les villes pour arrêter des personnes d’AQMI ou bien de Ansar Ed-dine, etc ?

R – A ma connaissance non, il n’y a pas de liste préétablie. Toute personne susceptible d’avoir appartenu à ces groupes serait susceptible d’y figurer si elle existait.

Q – Nous avions discuté ici il y a quelques semaines du statut des personnes arrêtées et quelle autorité allait les prendre en charge. Est-ce que c’est l’autorité malienne ? Est-ce que c’est l’autorité française ? Quels statuts ont-ils ? Le statut de combattant ennemi, de terroriste ? S’ils sont terroristes est-ce qu’ils vont passer devant la justice ? Est-ce qu’on est toujours en train de réfléchir à ce sujet ?

R – Pour prendre un peu de recul, les trois objectifs fixés dès le départ à l’opération Serval vous les connaissez. Les opérations se poursuivent pour permettre le rétablissement de l’intégrité territoriale du Mali, contre l’emprise des groupes terroristes.

Si des prisonniers sont faits, ils sont remis aux autorités maliennes. Je rappelle que l’opération Serval, non seulement est déclenchée, de même que le déploiement de la MISMA, à la demande des autorités maliennes, du Président malien mais aussi que nous intervenons en soutien des forces armées maliennes. Au fur et à mesure que les villes sont reprises et sécurisées, le relais se fait par les forces armées maliennes et par les forces de la MISMA en cours de déploiement et en montée en puissance sur place au Mali.

Qu’en est-il du statut de ces personnes ? C’est le statut d’un prisonnier pris au cours d’opérations de combat, conformément aux conventions internationales applicables. J’ajoute que la CPI est saisie avec un mandat qui court à partir de janvier 2012, sachant que la CPI, elle, est compétente pour certaines catégories de crimes, notamment tout ce qui relève des crimes de guerre.

Q - Et les Français peuvent-ils interroger ces prisonniers, surtout si ce sont des prisonniers qui sont susceptibles d’avoir des informations sur les otages ?

R – Vos questions sont éminemment théoriques. Vous me demandez de vous parler de situations qui, à ma connaissance, ne se sont pas encore produites. Sur le principe, j’y reviens, c’est le respect plein et entier des conventions internationales qui s’appliquent dans ces situations là et c’est la compétence première des autorités maliennes.

Q – Ca n’est pas complètement théorique, ça peut arriver.

R – C’est ce que j’appelle « théorique », ça peut arriver, c’est la définition très exacte de ce terme.

Q – C’est une hypothèse, il n’y a pas de prisonniers, ils ont tous fui ou ils sont tous morts.

R – Hypothétique est un bon synonyme de théorique en effet.

Q – Ce sont tout de même des questions qui sont légitimes ?

R- C’est pourquoi je réponds sur le principe.

Déclarations du 02 février 2013 :

Pour revenir sur le déplacement du président Hollande avec les ministres, pouvez-vous nous donner plus de détails sur ce déplacement, déjà concrètement le départ et surtout les étapes importantes et l’objectif de ce déplacement important puisqu’il y a tout de même 3 ministres et le chef de l’état.

R – Cela ne vous aura pas échappé, le déplacement a été annoncé par l’Elysée. Si vous avez des questions concernant ce déplacement, et notamment sur le programme du chef de l’Etat, il faut vous adresser à l’Elysée et ils vous répondront très volontiers.

De manière générale, ce sera l’occasion de faire le point sur ce que fait la France aujourd’hui au Mali bien évidemment. Nous avons une opération militaire en cours. Nous devons aussi préparer la suite, notamment sur les deux autres volets, politique et humanitaire, qui sont tout aussi importants pour sortir durablement de cette crise.

Q – Ca peut aussi être l’occasion de rassurer l’opinion malienne sur les objectifs de l’intervention française justement en ce moment où à Bamako l’intervention française et le positionnement de la France vis-à-vis du MNLA par exemple, est en train de monter très très fort  ?

R – Sur les objectifs, je crois qu’ils sont clairs, je ne vais pas vous les rappeler ici. Il y en avait trois, ils ont été affichés dès le départ. Le premier d’entre eux (stopper l’avancée des groupes terroristes) est aujourd’hui atteint. Restent les deux autres, en cours : permettre au Mali de recouvrer sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire et accélérer la mise en œuvre des décisions prises en décembre par la communauté internationale, à New York et à Bruxelles.

Notamment parmi ces sujets, en effet, il y a tout ce qui touche à l’organisation du dialogue inter-malien, selon les termes de la résolution 2085 qui définit les conditions sous lesquelles les groupes rebelles pourraient entrer dans un dialogue de cette nature. Il y aussi tout ce qui touche à la feuille de route adoptée par l’Assemblée nationale malienne. La France, comme d’autres pays, insiste sur le fait qu’il faut engager ce volet politique vite. Le président Traoré a fait des déclarations qui vont dans le bon sens, précisant notamment que les élections devaient être organisées d’ici juillet. Il faut qu’elles le soient dans les conditions de sécurité qui rendent le scrutin incontestable.

Q – Dans la foulée le premier ministre a rencontré ce matin son homologue nigérien. Ce dernier M. Bazoum s’est dit à notre micro, très étonné, même mécontent de la position de la France par rapport au MNLA. Notamment d’accepter que le MNLA ait pris le contrôle de Kidal, quelle est la position de la France par rapport à cette inquiétude d’un pays voisin du Mali, d’un partenaire de la France dans cette intervention au Mali ?

R – Je n’ai pas entendu les déclarations de M. Bazoum sur ce point en particulier. L’entretien a porté essentiellement sur la crise malienne, sur le déploiement du contingent nigérien au titre de la MISMA et aussi sur la sécurité de la frontière.

Sur le dialogue avec les groupes rebelles, notre position n’a pas variée et est en ligne avec ce que disent les résolutions du conseil de sécurité, notamment celles de décembre dernier. Pour résumer, elles disent deux choses : elles disent un, ce dialogue est essentiel, il doit être mené vite. Et elles disent deux, ce dialogue doit être mené avec les représentants des populations du nord, notamment touaregs, et les groupes rebelles non-terroristes qui satisfont deux conditions : renoncer explicitement à la violence et reconnaître l’intégrité territoriale du Mali.

C’est au regard de ces conditions très clairement fixées que doivent être appréciés concrètement les engagements pris par les uns et les autres. Ensuite, il revient aux Maliens de définir eux-mêmes, pour eux-mêmes, ce que doivent être les nouveaux équilibres politiques, sociaux, économiques, culturels qui permettront en effet au Mali de sortir de cette crise de manière durable. C’est leur responsabilité, nous sommes disposés bien évidemment à les y aider mais c’est à eux de conduire ce dialogue, dans les conditions qui ont été fixées encore une fois par le conseil de sécurité.

Q – Le fait qu’il y ait 4 personnages importants qui se déplacent au Mali, la façon de voyager groupés, est-ce que cela veut dire que ils vont aller dans des zones qui ne sont pas à risque ou qu’ils vont rester à Bamako ?

R – Je n’ai pas le détail de leur programme sur place. Ce que cela manifeste, c’est l’intérêt que nous portons au Mali, c’est l’importance pour nous de ce qui se passe aujourd’hui dans ce pays. Et encore une fois ce sera l’occasion de traiter cette crise dans toutes ses dimensions : tout ce qui touche à la sécurité et tout ce qui est politique et tout ce qui est de l’ordre de l’humanitaire et du développement.

Q – Concernant les exactions, les allégations d’exactions au Mali, est-ce que vous avez des nouvelles que ça cesse, que ça s’estompe un petit peu au niveau des exactions contre les populations arabes et touaregs ? Et est-ce que la France une fois que vous avez pris connaissance de ces faits, a pris une initiative particulière, poussé pour contrôler les forces maliennes qui seraient à l’origine ou les populations locales qui seraient à l’origine de ces exactions ?

Il y a eu 2 rapports, donc un d’Amnesty et un de Human Rughts Watch aujourd’hui. Celui d’Amnesty parle de frappes aériennes qui auraient peut-être tué 4, 5 civils maliens, un commentaire sur cela ?

R – Ce sont 2 sujets différents. Les exactions d’une part qui par définition seraient délibérées, des dommages collatéraux qui par définition ne le sont pas.

Premier sujet les exactions, sur lequel il y a une extrême vigilance des autorités françaises.

Premièrement, le message a été passé aux autorités maliennes directement, et à tous les niveaux, du plus haut niveau de l’Etat jusqu’à celui des services, soulignant que de telles exactions devaient être à tout prix évitées et qu’il n’y aurait aucune espèce d’impunité.

La première responsabilité pèse en effet sur les autorités maliennes et nous avons demandé qu’au fur et à mesure que les zones sont sécurisées par l’avancée des troupes maliennes et françaises vers le nord, l’administration malienne puisse y être redéployée.

Deuxièmement, c’est à la demande de la France notamment que dans la résolution 2085, il y a des dispositions spécifiques aux droits de l’homme, au droit des conflits armés et à la lutte contre l’impunité. Le message que nous avons passé via notre représentation permanente auprès des Nations unies au secrétariat général des Nations unies, c’est d’accélérer le déploiement des observateurs qui sont prévus au titre de la résolution 2085, et non seulement d’accélérer leur déploiement mais de renforcer le dispositif prévu par la résolution.

Troisièmement, nous soutenons bien évidemment la saisine de la Cour pénale internationale, pour tout ce qui concerne les exactions commises au Mali depuis janvier 2012. Je vois des rapports aujourd’hui d’Amnesty International, de Human Rights Watch sur des faits récents. Il y a aussi tout ce qui s’est passé avant, à l’époque où AQMI, Ansar Ed-dine et le Mujao tenaient les deux-tiers du territoire malien. Ces exactions-là sont justiciables du même traitement et du même principe d’absence absolue d’immunité.

Enfin, c’est aussi à la demande de la France que la mission européenne de formation qui sera bientôt déployée au Mali comprendra un volet important et renforcé sur tous ces sujets de respect des droits de l’homme et du droit de la guerre. Le déploiement de l’opération européenne se fera de manière progressive, à partir du 12 février. Nous avons demandé que, sans attendre, dans les éléments précurseurs qui sont envoyés pour préparer le déploiement de la mission, il y ait des spécialistes de ces questions.

Voilà ce que nous avons fait à différents niveaux -Nations unies, Union européenne, en bilatéral avec les autorités maliennes, et nos troupes sont bien sûr très sensibilisées à ces sujets.

Q – Sur le volet Nations unies, l’accélération et le renforcement, qu’est-ce que les Nations unies ont répondu ? Parce que les quatre points sont les mêmes quatre points que nous avions mardi dernier. Donc la demande a été faite, quelle a été la réponse ? Et pourquoi cela prend-il tant de temps puisque ces faits ne sont pas nouveaux, on en parle depuis le 11 et 12 janvier, depuis 3 semaines ?

R – On en parle depuis longtemps, mais jusqu’à présent, je vous l’ai dit mardi, nous ne sommes pas arrivé à documenter ces accusations, c’est-à-dire à disposer des éléments de preuve, parce que ce sont des accusations extrêmement graves sur des crimes qui sont parmi les pires que l’on puisse commettre. Cela, en dépit des relations très suivies que nous avons avec les ONG. Nous les avons reçues une première fois ici au centre de crise, et aussi sur place à Bamako, à notre ambassade. Nous aurons la semaine prochaine des réunions de suivi ici au centre de crise. Je le souligne à nouveau : la responsabilité première, c’est celle des autorités maliennes de faire en sorte qu’il n’y ait ni exaction, ni représailles contre ces populations du nord du Mali. C’est l’une des clés des la réconciliation nationale.

Sur le volet des dommages dits collatéraux, tout est fait pour les éviter, dans le choix des cibles, au moment-même de la frappe. Tout est fait pour éviter des morts civils. L’armée française est réputée pour être très sensible à ce genre de problème. Nous sommes très précautionneux, très prudents, très vigilants sur ces sujets. Sur le point que vous signalez en particulier, vérifiez-le avec l’état-major des armées, mais je comprends que nous n’avons pas frappé au moment où ces morts de civils sont intervenues.

Q – Amnesty réclame une enquête sur cette affaire.

R – Bien sûr. Nous agissons dans la plus grande clarté, la plus grande transparence. Nous n’avons strictement rien à cacher, bien au contraire. Nous sommes les premiers à voir demandé le déploiement d’observateurs, qu’il s’agisse d’observateurs des Nations unies ou de spécialistes dans le cadre de la mission européenne. Nous sommes les premiers à pousser pour que tout cela soit parfaitement transparent.

Q – Sur le sujet des exactions, d’après certains témoignages que nous avons reçus de Human Rights Watch, c’est tout de même assez précis, et vous dites que vous n’avez pas pu documenter ces cas. Mais comment ça marche ? Est-ce que vous demandez donc aux autorités maliennes de vous donner des informations sur les cas qui ont été rapportés ? Si ce sont des responsables maliens qui sont responsables de ces exactions, évidemment, ils ne vont pas vous donner d’informations qui les impliquent eux-mêmes. Donc est-ce que la France fait des enquêtes indépendantes à ce sujet ? Est-ce que les troupes françaises font des enquêtes indépendantes ou est-ce qu’on attend seulement d’avoir une confirmation de la part des Maliens ?

R – Je vous laisse la responsabilité du jugement que vous venez de porter sur la probité des autorités maliennes.

Premièrement, il est de la responsabilité des autorités maliennes au premier chef d’enquêter lorsque des faits comme ceux-là sont portés à leur connaissance. Deuxièmement, des consignes en effet ont été passées à nos forces de relever tout élément de preuve qui viendrait à l’appui d’accusations comme celles qui sont aujourd’hui portées. Troisièmement, aujourd’hui, je ne suis pas en mesure de vous dire, de manière ferme, définitive et claire, que tel type d’exaction a été commis à tel endroit par telle personne contre telle et telle autre personne. Ce qui en soi n’est pas très étonnant. Il y a le temps de la dénonciation (c’est le rôle notamment des ONG) et puis il y a le temps, plus long, de l’enquête.

Mais je reviens sur ce que je vous ai dit déjà. C’est aux autorités maliennes, et c’est un sujet sur lequel nous avons insisté, d’exercer leurs responsabilités au premier chef, et rien ne nous laisse soupçonner qu’elles ne le feraient pas, contrairement à ce que vous avez sous-entendu, premièrement. Deuxièmement, bien sûr ce message de vigilance a été passé à nos forces et bien sûr nos forces relèveront tout élément de preuve qui viendrait documenter un cas d’exactions. Et troisièmement, il faut certainement un regard extérieur, impartial, neutre et spécialisé. D’où la demande faite par la France et auprès des Nations unies et auprès de l’Union européenne d’inclure ce type de spécialistes et d’en renforcer les contingents par rapport à ce qui avait été prévu initialement.

Q – Il y a des informations qui circulent sur votre souhait de retourner devant le Conseil de sécurité pour obtenir une nouvelle résolution suite aux derniers développements. Est-ce que vous pouvez nous éclairer sur ce point ?

R – Ce dont on commence à discuter aujourd’hui, c’est une fois que la MISMA aura rempli sa mission, qui est une mission de stabilisation avec pour objectif d’assurer l’intégrité du territoire malien, qu’est-ce qu’on fait ? Et circule en effet l’idée, et nous y sommes favorables en principe, d’une opération de maintien de la paix. Ce n’est pas à terme rapproché, parce qu’une OMP ne se déploie que dans une environnement stabilisé et sécurisé, ce qui n’est pas encore le cas au Mali, d’une part, et d’autre part, c’est une discussion à avoir non seulement dans le cadre du Conseil de sécurité mais aussi en coordination avec tous nos partenaires africains, la CEDEAO et l’Union africaine en premier lieu.

Q – Pour revenir sur la MISMA et les éventuels casques bleus. La MISMA est en principe une mission d’un an ou 9 mois, c’est une période déterminée. Est-ce que l’idée est de remplacer la MISMA après sa mission ou cela pourrait se passer pendant sa mission si éventuellement c’est stable ?

R – Je crois que la bascule se fera en fonction de l’appréciation qui sera portée sur la situation sur le terrain. Parce qu’une opération de maintien de la paix n’est jamais déployée dans un environnement qui n’est pas stabilisé et sécurisé. Quand nous jugerons que l’environnement est stabilisé et sécurisé, nous jugerons alors que la mission de la MISMA est accomplie. C’est à ce moment-là que se posera la question de l’après. Mais aujourd’hui, c’est le temps de la MISMA.

Q – Ce sera dans deux mois ?

R – La question se posera à partir du moment où on jugera que la situation permet le déploiement d’une OMP. Ce n’est pas le cas aujourd’hui./.

Déclarations du 30 janvier - Adoption de la feuille de route et annonce de la tenue d’élections :

La France salue l’adoption à l’unanimité hier par le Parlement malien de la feuille de route pour la transition, qui prévoit la tenue d’élections et l’ouverture de négociations avec le Nord. Répondant à la demande formulée par le Conseil de sécurité des Nations unies dans sa résolution 2085, cette avancée constitue une étape décisive et positive du processus politique.

Ce dernier doit maintenant avancer concrètement. La France salue, à ce titre, la déclaration du Président Traoré annonçant des élections au Mali d’ici le 31 juillet 2013. Elles doivent se tenir le plus rapidement possible, avec la plus grande participation possible de tous les Maliens.

Les autorités maliennes doivent également engager sans plus attendre des discussions avec les représentants légitimes des populations du Nord (élus locaux, société civile) et les groupes armés non terroristes reconnaissant l’intégrité du Mali. Seul un dialogue Nord-Sud permettra de préparer le retour de l’Etat malien dans le Nord du pays.

Q - Laurent Fabius a déclaré au Parisien que les forces françaises avaient tué "beaucoup" de jihadistes au Mali. Avez vous une estimation plus précise ?

R- Comme l’a dit le ministre des affaires étrangères, "les terroristes sont désorganisés. Très atteints". Nous n’avons pas de commentaires complémentaires.

Déclarations du 29/01/13 :

Comme nous vous l’avions rappelé, mon homologue du ministère de la défense et moi-même, le 16 janvier dernier, la situation sécuritaire au Mali présente actuellement des risques importants pour les journalistes. C’est pourquoi je souhaite aujourd’hui appeler à nouveau celles ou ceux d’entre vous qui se rendent ou se trouvent dans le pays à une extrême vigilance.

Je vous demande de bien veiller à rester informés de la situation, qui évolue souvent d’heure en heure dans les zones où les armées malienne et française sont présentes, et de respecter les consignes de sécurité de notre fiche « conseil aux voyageurs » que nous mettons à jour très régulièrement, comme celles des autorités françaises, ambassade et forces armées, présentes sur le terrain.

Le non respect de ces règles élémentaires de prudence mettrait en péril, non seulement votre sécurité, mais également la sécurité de ceux qui se porteraient à votre aide. Nous restons à votre disposition pour toute précision ou information complémentaire.

Q – Le Japon a déclaré qu’il a donné 120 millions de dollars. Qui va les recevoir et comment vont-ils être répartis ?

R - Un certain nombre d’annonces sont faites en ce moment, puisque se tient à Addis Abeba la conférence pour le financement à la fois de la MISMA et des forces armées maliennes. Je suis réticent à commenter les annonces qui sont faites par d’autres pays que la France. Je comprends en effet que le Japon a annoncé une contribution de 120 millions. Il faut que vous interrogiez les Japonais pour savoir exactement l’affectation qu’ils envisagent pour cette somme.

Pour ce qui nous concerne, le ministre a annoncé une contribution française à hauteur de 47 Meuros se répartissant respectivement entre 40 M pour la MISMA et 7 M pour les forces armées maliennes. Il s’agit d’une contribution hors coûts engagés pour l’opération Serval.

Je vous rappelle que les besoins ont été évalués à environ 120 Meuros pour les forces armées maliennes et à 340 Meuros pour le fond MISMA. L’évaluation à 120 M pour les forces armées maliennes est hors soldes, ces dernières pesant sur le budget national malien, alors que l’évaluation à 340 M pour la MISMA est soldes comprises.

Avec l’augmentation du volume des troupes africaines déployées au titre de la MISMA, cette dernière estimation tient compte d’un réajustement à la hausse. Au moment des premières discussions sur la résolution 2085, nous étions partis sur un premier volume de 3300 hommes, et ce volume a presque doublé.

Q – M. Fabius est aujourd’hui à Addis-Abeba. Il y a aussi une réunion à Bruxelles le 5 février. Est-ce qu’on trouve assez d’argent ? Il a fait la même chose hier pour la Syrie…

R – C’est à l’issue de la réunion d’Addis-Abeba qu’on fera le bilan. Les chiffres que j’ai donnés constituent une évaluation ex ante des besoins, faite notamment par la CEDEAO pour ce qui concerne la MISMA. Mais on fera l’addition des sommes une fois que chaque pays aura dit non seulement combien il donne, mais aussi comment il flèche ses contributions. L’objectif est bien sûr de permettre que le dispositif mis en place par la communauté internationale puisse être financé.

Pour ce qui concerne la Syrie, qui est un sujet complètement différent, l’un des objectifs de la réunion d’hier matin était de signaler les besoins croissants pour ce qui touche à l’aide humanitaire. C’est d’ailleurs un sujet sur lequel nous aurons l’occasion de revenir, puisque se tient à Koweït le 30 janvier une réunion sur ce sujet, avec un appel de fonds à hauteur d’un milliard et demi de dollars. Bien évidemment les besoins augmentent au fur et à mesure que se poursuivent les combats et notamment que se concentre dans les camps de réfugiés des pays limitrophes de la Syrie un nombre croissant de réfugiés syriens.

Q - Y a-t-il une contribution française séparée au titre 50 Meuros de la mission européenne pour la formation des troupes maliennes (EUTM), ou bien les 7 Meuros dont vous avez parlé font-ils partie de cette somme ?

R – Non, ces 7 M sont en plus des 50 M, qui seront pris sur la capacité africaine du budget européen. C’est donc en plus de la quote-part française à la mission européenne.

Q – Savons-nous si les vols effectués par les aviations amies pour livrer du personnel et du matériel français, notamment les Américains avec leur C17, sont facturés ?

R – S’agissant des vols américains, la réponse est non, ils ne seront pas facturés.

Q – Pouvez-vous confirmer qu’un Malien a été brûlé hier après avoir hurlé « vive la France » ?

R – Non, je ne peux pas vous le confirmer, de même qu’il y a eu plusieurs « alertes », notamment d’ONG, faisant état d’exactions commises. En l’état actuel de nos informations, nous ne pouvons pas confirmer que de telles exactions se sont tenues, où que ce soit d’ailleurs, sur le territoire malien.

C’est un sujet d’extrême préoccupation et sur lequel la France exerce et continuera à exercer la plus grande vigilance, et cela à plusieurs niveaux :

- le premier est celui des Nations unies. C’est à la demande de la France notamment qu’ont été intégré, dans la résolution 2085 du Conseil de sécurité, des dispositions qui visent spécifiquement le respect des droits de l’homme, les enfants-soldats et les droits des femmes. Nous avons de plus demandé, notamment au Secrétaire général des Nations unies, d’accélérer le déploiement des experts des Nations unies qui, au titre de cette résolution, doivent être déployés sur le terrain, avec pour mission de vérifier qu’en effet toutes les dispositions relatives à la protection des populations civiles et au respect des droits de l’homme sont respectées ;

- deuxièmement, je vous rappelle que la Cour pénale internationale a ouvert une enquête sur les crimes de guerre commis dans ce pays depuis janvier 2012. Quand on parle d’exactions au Mali, il ne faut pas oublier qu’un certain nombre, et les plus graves, ont été commis par les groupes qui tenaient les deux tiers du pays, au Nord. La France, bien évidemment, soutient cette saisine et soutiendra le travail de la Cour ;

- au niveau de l’Union européenne, là aussi à la demande de la France notamment, il y a tout un volet de surveillance du respect des droits de l’homme dans le mandat qui a été négocié pour la force européenne. Former les forces armées maliennes pour tout ce qui concerne le droit international humanitaire, le droit des conflits armés, etc., entre aussi dans la mission des formateurs européens. La mission inclura des spécialistes de ces sujets. Nous avons d’ailleurs demandé qu’un conseiller en droits de l’homme fasse partie de l’équipe de précurseurs envoyée au Mali au début du mois de février ;

- à titre bilatéral, et dans les relations que nous avons avec les autorités maliennes, le même message d’extrême vigilance est passé à tous les niveaux, par le Président, le ministre et notre ambassade sur place : il n’y aura aucune espèce d’impunité, s’il devait y avoir des exactions ;

- enfin, le CDC a reçu les principales ONG intéressées la semaine dernière et les recevra à nouveau dans les jours qui viennent. Elles ont également été reçues par notre ambassadeur à Bamako

Q – Y-a-t-il actuellement des observateurs officiels mandatés par la France, l’ONU ou l’Union européenne actuellement présents sur le terrain ?

R – Des spécialistes d’ores et déjà sur le terrain ? Pour l’ONU, oui - mais à notre avis en nombre encore insuffisant. Le message qui a été passé à New York est d’augmenter ce contingent de spécialistes sur place et de les déployer très vite.

Pour ce qui concerne l’Union européenne, ça va venir très bientôt, puisque nous venons encore une fois de demander que l’équipe de précurseurs qui se déploiera la semaine prochaine comprenne au moins un spécialiste de ces sujets, de façon à préparer le terrain pour les autres qui se déploieront à partir de mi-février.

Nos propres forces sont, bien évidemment, sensibilisées à ces sujets. C’est aussi un message qui passe par elles. Nous avons également demandé aux autorités maliennes, au fur et à mesure que la situation est sécurisée vers le Nord, de redéployer dans ces régions l’administration locale, notamment toute l’administration préfectorale.

Q – En Côte d’Ivoire, la France avait envoyé des prévôts militaires français, à l’époque de « Licorne ». Nous n’avons pas pu savoir du Colonel Burkhard (NB : chef de la cellule communication de l’état-major des armées) s’il y a des prévôts militaires français sur place.

R – C’est à lui de vous répondre. L’idée derrière tout cela est de permettre à l’Etat malien de recouvrer sa souveraineté, et à l’administration malienne de se redéployer au fur et à mesure que la sécurité est assurée dans les zones qui sont sécurisées en remontant vers le Nord.

Q - Parmi les ONG, il y a la FIDH qui fait état de personnes tuées ? Le centre de crise vérifie-t-il leurs dires ?

R - Oui, je lis comme vous les informations, notamment via les dépêches d’agence. Mais à chaque fois que nous avons vérifié, nous ne sommes jamais arrivés à confirmer les informations. C’est pourquoi nous rencontrons régulièrement les ONG, non seulement pour leur dire que nous faisons très attention et que c’est un sujet de préoccupation pour nous, mais aussi pour qu’elles partagent avec nous les informations dont elles disposent. Nous avons déjà eu une première réunion avec elles, au centre de crise, il y a une semaine. Nous en aurons une autre cette semaine.

Q – Est-ce une question ouverte ?

R – C’est une question ouverte oui, parce que, encore une fois, il y a des informations qui circulent mais que nous n’avons pas été, jusqu’à présent, en mesure de confirmer et de documenter. Toute information dont nous aurions connaissance serait bien évidemment portée à la connaissance des autorités maliennes et il n’y aura aucune espèce d’impunité. C’est la raison pour laquelle la France a soutenu la saisine de la CPI, parce que cela rentrerait, si ces informations étaient confirmées, dans la qualification de crimes de guerre.

Q – Au moment de la résolution 2085, quand Ban Ki-moon a exprimé des réserves sur une opération dans le Nord, pensait-il déjà à cela ?

R – C’est à lui de vous dire à quoi il pensait à ce moment-là. Une chose est sûre, c’est que ce à quoi nous pensions au moment de la rédaction de la résolution 2085, c’était d’éviter toute forme d’exaction de ce type – et, si par malheur elle devait se produire, de permettre qu’elle soit sanctionnée. C’est la raison pour laquelle cette résolution - et c’est une première - comprend les dispositions que j’ai mentionnées s’agissant du respect des droits de l’homme : les enfants-soldats, les violences faites aux femmes, etc. C’est notamment à la demande de la France que cela a été introduit dans la résolution, ce qui est une singularité. Cela rejoignait certainement des préoccupations du secrétaire général des Nations unies, et plus largement des agences des Nations unies qui traditionnellement suivent ces sujets. Q – Donc comme vous allez consulter les ONG qui ont fait état de cela. Comment faites-vous pour savoir ? Qui va documenter ? Est-ce que le ministère a des inspecteurs ?

R – La première chose à faire, c’est de vérifier les éléments de preuves dont elles disposeraient, et dont nous ne disposons pas.

Ce sont des accusations très graves. Il faut documenter ce genre d’accusations. En l’état actuel des choses, et des informations que nous avons, nous ne pouvons pas confirmer. Donc nous verrons ce qu’elles nous disent. Nous verrons quels éléments de preuves les ONG peuvent fournir et nous verrons ensuite ce qui est vérifiable sur place.

Q – Est-ce que vous pouvez confirmer que le MNLA a pris le contrôle de Kidal ?

R – Non, je ne peux pas confirmer qu’ils sont à Kidal. Je suis toujours réticent à parler du déroulement des opérations, à ma connaissance nous n’y sommes pas encore.

Q - Est-ce que vous avez des contacts maintenant avec le MNLA ?

R - Non, à ma connaissance nous n’avons pas eu de contacts récents avec le MNLA. Nous en avons eus dans le passé, notamment à deux reprises, avec une délégation de passage à Paris à l’automne dernier.

Q – Que dire de l’allégation du MNLA selon laquelle il y a deux milices qui traquent les Touareg séparatistes islamistes et éventuellement finissent par les tuer ? C’était dans le Monde du 22 janvier.

R – Les allégations du MNLA n’engagent que le MNLA. Je ne peux pas vous dire ce qu’il en est précisément. S’agissant des Touareg et des populations au Nord, les paramètres et les limites ont été clairement fixés par la résolution 2085. Tout le monde est d’accord pour dire aujourd’hui qu’il faudra que les populations maliennes engagent un dialogue avec les populations du Nord et leurs représentants. Cela peut inclure le MNLA sous deux conditions qui ont été fixées par la résolution 2085, c’est-à-dire, d’une part la renonciation à la violence et au terrorisme, et d’autre part la reconnaissance de l’intégrité territoriale du Mali. Des derniers contacts que nous avions eus avec le MNLA, avec les délégations que j’ai évoquées à l’instant, ils n’y étaient pas encore. Il y avait un écart entre leurs déclarations publiques, notamment sur le second point, et ce qu’elles étaient susceptibles d’accepter, notamment en terme d’autonomie du Nord dans le cadre plus général de l’Etat malien. C’est l’enjeu pour la suite.

Q – Est-ce qu’on a des contacts avec d’autres Touareg (associations culturelles, expatriés) ?

R – Nous en avons certainement via notre ambassade sur place, mais pas à Paris.

Pour finir sur la question du dialogue politique, qui est essentielle, je voudrais signaler l’adoption normalement aujourd’hui de la feuille de route par l’Assemblée nationale malienne. Elle a été adoptée par le gouvernement malien vendredi dernier.

Déclarations du 28 janvier : feuille de route pour la transition.

L’adoption par le gouvernement malien d’une feuille de route pour la transition, qui comprend un calendrier électoral et prévoit l’ouverture de négociations avec le Nord, constitue une étape décisive et très attendue du processus politique. Cette feuille de route doit être soumise pour examen à l’Assemblée nationale malienne.

Le processus politique doit maintenant avancer concrètement. Il revient aux autorités maliennes de préparer des élections et d’engager sans plus attendre des discussions avec les représentants légitimes des populations du Nord (élus locaux, société civile) et les groupes armés non terroristes qui reconnaissent l’intégrité territoriale du Mali. Seul un dialogue Nord-Sud permettra de préparer le retour de l’Etat malien dans la région Nord.

Prévue par le Conseil de sécurité des Nations unies dans ses résolutions 2056, 2071 et 2085, la feuille de route conditionne la reprise de notre coopération civile bilatérale ainsi que celle de l’Union européenne.

Q - Comment expliquez-vous la faible résistance ou même l’absence de résistance des groupes islamistes dans des villes aussi symboliques du Nord du Mali comme Gao et Tombouctou ? Ont-ils les moyens de se regrouper plus au Nord et d’organiser une contre-offensive ?

R - Je vous invite à vous adresser au ministère de la défense.

Déclarations du 26 janvier :

Q – Est-ce que vous pouvez nous expliquer les contributions d’autres pays européens ou africains dans l’opération ?

R –Nous avons aujourd’hui un très fort soutien, quasi-unanime sur le plan politique.

Ces soutiens se sont concrétisés rapidement, qu’il s’agisse de contributions à Serval, de contingents africains pour la MISMA, en cours de déploiement, enfin de contributions à l’opération européenne qui est en train de se mettre en place pour la formation de l’armée malienne (EUTM).

Très tôt, nous avons eu le soutien des Britanniques, des Allemands, des Belges et des Danois notamment. Il y a aussi des soutiens extérieurs à l’UE comme le Canada, qui vient d’annoncer la reconduction de la mise à disposition des moyens de transport. Il y a aussi des moyens américains qui sont en place pour tout ce qui concerne le transport et le renseignement. D’autres annonces devraient être prochainement faites.

En résumé, les choses avancent bien sur les différents fronts, à la fois pour ce qui concerne Serval, la force européenne et la force africaine.

Q – Avez-vous des détails sur la conférence des donateurs sur le Mali à Addis-Abeba la semaine prochaine ? Qui y participe ?

R – À Addis Abeba, nous parlerons d’un autre volet des opérations, avec la mise en place des deux « trust-funds » dédiés respectivement aux forces armées maliennes et à la MISMA. Là aussi, un certain nombre d’annonces seront faites par différents pays. Il s’agit d’une conférence organisée par l’Union africaine avec les Nations unies et la CEDEAO. Je vous renvoie vers elles pour tout ce qui touche à l’organisation de la réunion. Le ministre des Affaires étrangères y sera.

Déclarations du 16 janvier :

Q - Etes-vous préoccupé par les risques de violations des droits de l’homme au Mali et plus précisément par les représailles éventuelles de l’armée malienne contre les populations touareg ou arabes du Nord, comme le craignent les ONG ? Y a-t-il eu des arrestations et qui contrôle la situation des prisonniers ? Une précision également : la réunion avec les ONG au Quai d’Orsay sur la situation humanitaire a-t-elle lieu ce jour comme annoncé lors du briefing hier, ou jeudi comme l’a corrigé le porte-parole adjoint en soirée et avez-vous une date à présent sur la réception des ONG à Bamako par l’ambassadeur Rouyer ?

R - La protection des droits de l’Homme, la protection des civils et la lutte contre l’impunité constituent des priorités de l’action extérieure de la France. Elle fera tout pour que les atteintes aux droits de l’Homme cessent dans l’ensemble du Mali et qu’aucun acte de représailles n’ait lieu.

Nous avons notamment œuvré au sein du Conseil de Sécurité et du Conseil des droits de l’Homme pour que la communauté internationale reste entièrement mobilisée. La France a veillé à une pleine prise en compte de cette question au sein de la résolution 2085 autorisant le déploiement d’une force internationale au Mali, en particulier en ce qui concerne le recrutement d’enfants soldats et les atteintes aux droits des femmes.

Cette résolution rappelle la responsabilité première des autorités maliennes, qui ont un devoir d’exemplarité en matière de protection des populations civiles. Elle prévoit en outre la mise en place d’un mécanisme de suivi du respect du droit international humanitaire et des droits de l’Homme, avec la remise de rapports périodiques. La France soutient également la saisine par le Mali de la Cour pénale internationale pour enquêter sur les crimes de guerres.

Sur votre deuxième question, nous vous invitons à consulter le ministère de la Défense.

La rencontre avec les ONG, consacrée à la situation humanitaire au Mali, se tiendra jeudi au Centre de crise du ministère des Affaires étrangères. Notre Ambassadeur à Bamako, M. Christian Rouyer, doit recevoir aujourd’hui les ONG présentes au Mali, notamment pour leur transmettre des consignes de vigilance et de sécurité.

Déclarations du 15 janvier :

Q - Sur la visite de Mme Williams, va-t-il être question de la situation au Mali, puisque les femmes en situation de conflit c’est typiquement le sujet ?

Plus généralement par rapport à l’intervention actuelle, va-t-il y avoir une réunion au centre de crise avec les ONG, la FIDH, toutes ces ONG qui s’occupent des droits de l’homme pour qu’il y ait un processus pour surveiller la violation des droits de l’homme ?

R - Sur l’entretien, je vous propose d’en faire un debriefing une fois qu’il aura eu lieu car je ne peux pas préjuger des sujets qui y seront abordés. L’entretien est prévu de longue date pour parler de ce que fait Mme Williams dans trois pays : le Libéria, la RDC et le Soudan mais il est possible que soit évoquée la situation au Mali puisqu’elle est d’actualité très immédiate.

Sur la situation de manière plus générale, pas seulement des femmes d’ailleurs, mais sur la situation humanitaire pour utiliser un terme générique, nous avons prévu de tenir une réunion avec les principales ONG, demain à Paris au centre de crise. D’autre part, notre ambassadeur, Christian Rouyer, sur place à Bamako, réunira également les principales ONG.

Q - Peux-t-on avoir des précisions sur la chronologie définie par Laurent Fabius dimanche ? Qui va prendre le relais des forces françaises, est-ce que ce sera en premier lieu les forces maliennes, les forces de MISMA, CEDEAO ou en fait un mélange des deux ?Est-ce qu’on parle toujours de quelques semaines ?

Laurent Fabius a dit aujourd’hui qu’une assistance pouvait être apportées par des Nations du Golfe, peux-ton avoir des précisions, car on parle d’assistance sur le plan militaire ou peut-être humanitaire plus tard, ou sous la forme d’une médiation politique dans un avenir plus lointain ?

R - Tout d’abord une remarque générale sur les objectifs de l’opération française, parce que cela a un lien très direct avec la première question que vous posez et sur celle du relais ensuite.

Les objectifs ont été rappelés par Laurent Fabius hier soir. Ils sont au nombre de quatre. Il y a un premier objectif immédiat qui est de stopper l’avancée des groupes terroristes, du nord vers le sud en direction de Bamako. Il y a un deuxième objectif qui est de sauver l’Etat Malien et lui permettre de recouvrer son intégrité territoriale et sa souveraineté. Il y a un troisième objectif qui est de préparer le déploiement des troupes africaines. Il y a un quatrième objectif enfin : assurer la sécurité des ressortissants français, il y en a à peu près 6000 installés au Mali.

La priorité pour nous, et notre représentant permanent auprès des nations Unies l’a rappelé hier soir à la sortie de la réunion que nous avions demandée du Conseil de Sécurité, - la priorité absolue pour nous, c’est de passer la main à la force africaine, la MISMA, le plus vite possible, conformément à la troisième des résolutions adoptées par le Conseil, la 2085 en date du 20 décembre. Dans cette perspective, dès hier, le général nigérian qui va commander la MISMA, était à Bamako avec son adjoint nigérien. Une réunion des chefs d’état major de la CEDEAO se tient aujourd’hui à Bamako et un sommet de la CEDEAO se tiendra le 19 janvier à Abidjan, ces deux réunions étant très clairement organisées pour permettre le déploiement de cette force dans les meilleurs et les plus brefs délais.

Vous aurez observé également que d’ores et déjà un certain nombre de pays africains ont annoncé de manière officielle, les contingents qu’ils étaient prêts à déployer : le Niger, le Burkina-Faso, le Togo et le Sénégal à hauteur d’une compagnie, c’est-à-dire 500 hommes chacun, le Bénin à hauteur de 300 hommes, le Nigéria à hauteur de 600 hommes. D’autres pays réfléchissent, ont manifesté une disposition de principe mais n’ont pas encore annoncé de chiffre. Hors CEDEAO, je pense par exemple au Tchad.

Notre objectif est bien d’accélérer la mise en œuvre de la résolution 2085 du Conseil de sécurité.

Q - Pouvez- vous donner un échéancier de l’arrivée des forces africaines ?

R - Le président de la République a dit une grosse semaine. Ils ne vont pas tous se déployer le même jour. On a notamment des questions de transport et de logistique à régler. L’idée est d’avoir très vite, sinon tous ces contingents, du moins le plus grand nombre d’entre eux, présents sur le terrain au Mali.

Il y aura également tout un volet autour des forces armées maliennes puisque cette opération africaine vient à l’appui des forces armées maliennes. Ces dernières bénéficieront, comme c’était prévu, mais certainement sur un calendrier lui aussi accéléré, du soutien, de la formation et du conseil de l’opération décidée par l’Union européenne. C’est un des objectifs de la réunion extraordinaire du conseil, convoqué jeudi à la demande de la France, non-seulement d’informer nos partenaires européens, qui soutiennent tous l’action française, mais aussi de voir comment on peut accélérer les choses pour ce qui concerne cette opération, dont la France est nation-cadre.

Concernant les pays du Golfe, au nombre des sujets qui vont être discutés par le Président de la République, accompagné par le ministre des Affaires étrangères, à Abou Dabi aujourd’hui et à Dubaï demain, il y aura notamment le Mali et ce que peuvent faire ces pays pour aider le Mali. Je ne veux pas préjuger des discutions qui sont en cours sur place, mais cette aide peut prendre différentes formes. Toute aide est bien évidemment la bienvenue.

Q – Avez-vous déjà capturé des Islamistes ou des rebelles ? Quel statut auront ces gens capturés ? Va-t-on les présenter à la justice, comme des terroristes ? Auront-t-ils des statuts de non-combattants avec les conséquences constatées aux Etats-Unis avec Guantanamo ? Les chiffres correspondent à peu près au chiffrage de la force qui devait être déployé dans quelques mois, l’a-t-on accéléré ?

R – De manière générale, pour tout ce qui concerne le déroulement au jour le jour des opérations, je vous renvoie à la Défense et notamment au porte-parole de l’état-major, le Colonel Burkhard. Le ministre de la Défense fait en outre des points réguliers. Il en fait un aujourd’hui en fin d’après-midi.

Concernant le statut des prisonniers, votre question reste très hypothétique pour l’instant. Il y a cependant des précédents, tel que le précédent somalien, sur lequel nous avions eu de très longues discussions.

S’agissant de votre troisième question, notre objectif est en effet très clairement d’accélérer le déploiement. Q – Vous dites que jeudi a lieu, à la demande de la France, une réunion du Conseil affaires étrangères ? Une opération européenne EUTM va être mise en place ?

R – Nous cherchons à revenir le plus vite possible dans les cadres prévus avant l’intervention française, à la fois sur le volet décidé par le Conseil de sécurité et également sur le deuxième volet, européen celui-là, avec une décision du Conseil affaires étrangères à Bruxelles.

Q – A ce jour, on a trois opérations, MISMA, EUTM, Serval ?

R – Exact.

Q – Dans la mission EUTM, on n’est plus dans le training parce qu’on ne peut pas former des soldats maliens à une vitesse suffisante pour qu’ils soient opérationnels en une semaine. Vont-ils donc changer le nom ou l’idée, car on garde les chiffres de l’ancien EUTM mais on n’est plus dans du TM ?

R – Il reste un besoin de formation des forces armées maliennes.

Q – Les Africains de MISMA ne sont donc pas là pour former, ils sont là pour se battre et ceux de l’Europe sont là pour former ?

R – Il y a des forces armées maliennes qui se battent en ce moment avec le soutien des Français. Ca ne signifie pas pour autant qu’il ne faille pas former l’armée malienne. Toutes les unités maliennes ne sont certainement pas en état de combattre.

Q – Vous disiez que la France est la Nation-cadre de quelle opération ?

R – EUTM.

Q – Donc Serval et nation-cadre EUTM c’est nous ?

R – Oui. C’était décidé ainsi avant le déclenchement de l’opération Serval.

Q – Est-il définitivement exclu qu’il y ait des éléments européens sur le terrain ? L’aide européenne s’inscrit-elle dans la logistique uniquement ou bien solliciterez-vous, lors de la réunion de jeudi, les Européens pour envoyer des forces sur le terrain ?

R – Pour l’instant, un certain nombre d’offres a d’ores et déjà été officiellement annoncé, par les Britanniques, les Danois, les Belges. Il s’agit pour l’instant d’aide logistique et de transport. Les Allemands n’ont pas encore précisé la nature de leur offre, logistique ou médicale. Hors Europe, il y a aussi les Américains et les Canadiens.

Q – Allez-vous solliciter vos partenaires pour une aide, une présence sur le terrain ?

R – Toute aide est la bienvenue. Ensuite, il revient à chaque pays souverainement de prendre sa décision. Ca peut aller du soutien politique, qui est important et unanime, jusqu’à un engagement sur le terrain. Je dis ce qui est annoncé, confirmé, précisé. On verra ensuite.

Q – Il y a eu un chamboulement de l’échéancier n’est-ce pas ?

R – Bien sûr. Notre objectif est l’accélération des calendriers tels qu’ils avaient été envisagés et décidés sur les deux volets, à la fois le volet Nations unies, 20 décembre, avec l’adoption de la résolution 2085 par le Conseil de sécurité, et sur le volet Union européenne, via les conclusions prises aussi en décembre par le Conseil affaires étrangères.

Q –N’êtes-vous pas agacé, on vous appelle pour faire le sale boulot au Mali ? Vous engagez des moyens militaires.

R – On ne fait pas le sale boulot, on fait au contraire un boulot très noble. Lorsque le président de la République prend la décision d’intervenir, il la prend pour répondre à une demande du Président malien, qui est un véritable appel au secours. Si le Président avait décidé de ne pas réserver une suite favorable à cette demande, c’est tout le Mali qui devenait un Etat terroriste. Pour reprendre les termes employés par le ministre des Affaires étrangères, « c’est l’honneur de la France que d’avoir répondu à cet appel au secours ».

Q – Inaudible

R – L’opération était urgente et nécessaire. Personne ne conteste, lorsqu’on regarde les discussions qui ont lieu au Conseil de sécurité hier, la légalité de l’intervention française. Nous agissons en conformité avec la Charte des Nations unies, en cohérence avec les résolutions du Conseil de sécurité, en réponse à une demande malienne.

Ce débat est un peu étrange. Que n’aurait-on dit si le président de la République avait refusé l’intervention alors que le président Traoré la lui demandait ? Nous aurions eu un Etat terroriste installé à quelques heures d’avion de Paris, menaçant toute la région, l’Europe et la France. Pour le dire encore autrement, on aurait eu la guerre de toute façon et le déshonneur en plus.

Q – Inaudible

R – Autre sujet, puisque vous y faites référence : le financement. Là aussi nous aurons des discussions avec nos partenaires européens, discussions que nous avions déjà commencées en décembre dernier. Il y aura, autre rendez-vous très important, une conférence des donateurs pour le Mali avec la mise en place d’un fonds fiduciaire qui gérera les contributions bilatérales. Nous souhaitons que cette conférence des donateurs pour le Mali se tienne rapidement, par exemple en marge des prochaines réunions de l’Union africaine fin janvier, avec une ministérielle les 24-25 et un sommet des chefs d’Etat les 27 et 28, à Addis Abeba.

Q – L’OTAN n’est pas du tout sollicitée. Si on a les USA et le Canada, il ne manque plus que la Turquie et tous les membres de l’OTAN sont dans le bain. Est-ce que l’OTAN est sollicitée ? Ou est-ce que c’est "strictement une opération française", je cite M. Le Drian ?

R – Non l’OTAN n’est pas sollicitée.

Q – Donc pas de scénario Libye.

R – Il faut toujours se méfier de ce genre de rapprochement. On est dans un cadre juridique très clair : c’est l’article 51 de la Charte, ce sont les résolutions du Conseil de sécurité et la demande malienne. Les dispositifs étaient en place dans les résolutions du Conseil de sécurité et les conclusions du Conseil Affaires étrangères. Ce qu’il faut maintenant, c’est accélérer la mise en œuvre de ces décisions. Le cadre est bien fixé.

Q – Une question au sujet des contingents des pays africains qui voyageraient vers le Mali. Vous aviez dit le plus vite possible. Qu’est-ce qu’on devrait attendre ? Est-ce une question de jours, de semaines, la semaine prochaine ? Quel est le nombre de troupes françaises qui sont au Mali et est-ce qu’on est en train d’en envoyer encore ? Au sujet des combats à Diabali, est-ce que l’armée française est en train d’agir dans cette zone ?

R – Pour répondre à votre première question, c’est une question de jours. Mais nous n’aurons pas tous les contingents au même moment déployés au Mali.

Q – On devrait commencer à les voir arriver la semaine prochaine ? A la fin de cette semaine ?

R – Le plus vite possible et on compte en jours. Le président a dit une grosse semaine il me semble. Pour ce qui concerne le nombre des troupes, de même que la situation à Diabali, interrogez mon homologue à la Défense.

Q – Sur l’aide européenne, vous avez dit que toute aide était la bienvenue jusqu’à un engagement sur le terrain. Cela veut dire un engagement des troupes combattantes sur le terrain ? Vous le souhaiteriez ? C’est pour préciser la question de mon collègue.

R –La France met les moyens qui sont nécessaires pour remplir la mission qui a été fixée par le président de la République à la demande du président malien. L’objectif ensuite est de basculer le plus vite possible vers les dispositifs qui étaient prévus. C’est à chaque pays souverainement de prendre sa décision. Si l’Allemagne décide qu’elle peut envoyer des moyens médicaux, elle les enverra. Si tel autre pays estime qu’il peut envoyer des avions, notamment de transport, très bien.

Q – Est-ce que la France n’a pas peur de se retrouver dans la même situation que les Américains en Afghanistan, sachant que cette armé malienne que vous prétendez former n’est pas très bien préparée, la former au moment d’un conflit avec des djihadistes, cela doit être très dur. Commet se présentera le scénario après ? L’image de la France comme un pays qui intervient en Afrique, surtout quand le président Hollande avait dit ne plus jamais le faire ?

R – Je rappelle concernant les délais que notre objectif est de passer le relais le plus vite possible aux dispositifs, aux forces dont le déploiement avait été décidé au mois de décembre. Nous resterons le temps nécessaire, mais pas plus que le temps nécessaire.

S’agissant de votre deuxième question, nous sommes intervenus à la demande d’un pays ami, demande faite par une autorité légitime, le président Traoré, en conformité avec la Charte des Nations unies et en cohérence avec les décisions prises unanimement par le Conseil de sécurité, premièrement. Deuxièmement, quand on parlait de "Françafrique", puisque c’est à cela que vous faites référence, cela visait des interventions motivées par d’autres raisons que l’intérêt général. La France n’a pas d’autre intérêt au Mali que de venir au secours d’un Etat menacé dans son existence-même. Il n’y a pas d’intérêt économique français au Mali. C’est tout l’inverse de la "Françafrique".

Déclarations du 11 janvier 2013 :

Mali - Réunion en urgence du Conseil de sécurité des Nations unies

Q : Le président malien Dioncounda Traoré a envoyé hier une lettre au président François Hollande pour lui demander l’aide militaire de la France. L’ambassadeur de France à l’ONU a promis une réponse de la France aujourd’hui. Quelle est la réponse de la France ?

R : La situation est extrêmement grave. La pérennité de l’Etat malien et la protection des populations civiles sont désormais en jeu.

Nous sommes gravement préoccupés par cette agression caractérisée qui est une menace réelle, directe et immédiate à la paix et à la sécurité régionale et internationale.

C’est la raison pour laquelle la France a demandé hier soir une réunion en urgence du Conseil de sécurité des Nations unies. Ce dernier a dit unanimement sa profonde préoccupation et souligné la nécessité du déploiement rapide de la force africaine et de la mission européenne.

Comme le Président de la République vient de l’indiquer, la France répondra, aux côtés de ses partenaires africains, à la demande des autorités maliennes. Elle le fera strictement dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et elle sera prête à arrêter l’offensive des terroristes si elle devait se poursuivre.

La situation est pour l’instant calme à Bamako. Toutes les mesures ont été prises pour assurer la sécurité de la communauté française au Mali. Nous invitons nos compatriotes à rester vigilants et à rester en contact avec notre ambassade.

Déclarations du 10 janvier 2013 :

Q - Que pouvez-vous nous dire sur les affrontements entre militaires maliens et les islamistes armés au nord de Mopti ? Qui sont les combattants : Aqmi, Mujao, Ansar Dine, les trois ? Est-ce que leur avancée vers le Sud se poursuit ? Cela va-t-il hâter l’intervention des forces internationales ?

R - Nous suivons toujours avec attention l’évolution de la situation au Mali, où des affrontements entre des groupes rebelles et les militaires maliens ont effectivement été signalés.

Nous restons préoccupés par ces opérations, qui fragilisent le processus de sortie de crise au Mali, et renouvelons notre appel à une fin immédiate de la progression des groupes armés rebelles vers le Sud du Mali. Il est urgent que des négociations politiques s’engagent dans les meilleurs délais, conformément aux exigences des dernières résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.

Ces derniers événements soulignent une nouvelle fois la nécessité de procéder au déploiement rapide d’une force africaine au Mali ainsi que de la mission européenne de formation et de conseil.

Déclarations du 9 janvier 2013 :

Q - Quelle est votre réaction à la demande par le président de l’UA Boni Yayi d’une participation de l’OTAN à la force internationale qui doit être déployée au Mali ?

R - Nous avons pris note de la déclaration du président de la République du Bénin, M. Thomas Boni Yayi.

Nous considérons que la communauté internationale doit poursuivre son action et mettre en oeuvre rapidement la résolution 2085 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Dans ce contexte, nous appelons au déploiement rapide de la force africaine au Mali et de la mission européenne de formation et de conseil au profit des Forces armées maliennes dont la planification se poursuit à Bruxelles.

Déclarations du 8/01/13 :

Q – Peut-on faire un point sur la situation au Mali, comment se déroulent les préparatifs pour la force d’interposition et aussi sur le revirement d’An-Sardine qui avait dit renoncer à la lutte armée et qui maintenant revient sur cet engagement. Vous nous direz aussi comment les choses avancent dans le sud, vers Mopti également ?

Ansar Dine a en effet déclaré qu’il renonçait au cessez-le-feu. Évidemment, cela ne va pas dans le bon sens et ce n’est pas de nature à aider à une sortie de crise. Plusieurs fois, nous avons souligné les conditions posées, notamment par la résolution 2071 du Conseil de sécurité, aux rebelles pour qu’ils puissent entrer dans un dialogue politique qui est absolument urgent et nécessaire. Ces conditions sont au nombre de deux avec, d’une part, le renoncement à la violence et au terrorisme, et d’autre part, la reconnaissance de l’intégrité territoriale du Mali. Nous ne pouvons que rappeler à Ansar Dine, comme à tous les groupes présents au Nord-Mali, les termes qui sont clairs et précis des résolutions du Conseil de sécurité.

Pour ce qui concerne les indications qui font état depuis hier soir mais surtout ce matin, de déplacements de groupes armés vers le sud du Mali, nous en sommes vivement préoccupés et nous appelons ces groupes à cesser leur progression et à entamer de véritables négociations, un véritable dialogue politique avec les autorités de Bamako avec pour objectif final, la stabilité et l’intégrité du Nord-Mali. Tout ce qui va contre ces objectifs clairement fixés dans les résolutions du conseil de sécurité, nous le condamnons.

Par ailleurs, concernant les deux forces, le déploiement de celle montée par l’Union européenne est prévu au début de cette année, dans le format et avec les missions que nous avons déjà évoqué ici. 400 personnels qui auront pour mission de former, de restructurer les forces armées maliennes. Vous savez que la France s’est proposée comme nation-cadre.

Concernant l’autre force, c’est-à-dire celle de la CEDEAO et de l’Union africaine, la résolution 2085 du Conseil de sécurité a décidé son déploiement. Nous discutons avec nos partenaires de la mise en œuvre, de la génération des forces, de leur organisation, du financement de l’opération.

Q – Quand vous parlez du début de l’année, c’est janvier ou mars, y a-t-il une date buttoir ?

R – Non, il n’y en a pas. La date que nous avons en tête se situe à partir de février.

Q – Et concernant Mopti, y a-t-il une ligne rouge si les attaques continuent ?

R – Il n’y a pas de ligne rouge. Il faut que cela cesse.

Q – Je comprends, mais si ça continue, on n’a pas de force malienne pour se défendre, les formateurs ne sont pas sur place !

R – Attendons de voir ce que cela donne sur le terrain. On ne raisonne pas en termes de ligne rouge ou de frontière à ne pas dépasser. Tout mouvement doit être condamné comme tel parce qu’il va à l’encontre de l’objectif fondamental qui a été fixé par la communauté internationale et qui est celui que j’ai rappelé à l’instant.

Q – Concernant la force européenne, connaît-on le nombre de formateurs Français ?

R – Ce nombre n’a pas encore été annoncé officiellement.

Q – Et concernant la nomination du général ?

R – La proposition française a été transmise à Bruxelles. Nous attendons l’annonce officielle. C’est à Mme Ashton de la faire.

Déclarations du 26/12/12 :

1 - Otages français

Les autorités françaises continuent d’exiger la libération sains et saufs de nos compatriotes retenus en otages au Sahel et sont pleinement mobilisées pour parvenir à ce résultat. Aucune piste n’est négligée.

Elles mettent par ailleurs en garde les ressortissants français qui se trouvent au Sahel et les invitent à consulter régulièrement les consignes de sécurité et les conseils aux voyageurs du site du Ministère des Affaires Etrangères.

Q - Aqmi a accusé mardi le gouvernement français de bloquer les négociations sur les 4 otages français enlevés en septembre 2010 au Niger et de n’avoir pas répondu à son offre de dialogue. Quelle est votre réponse ?

R - Nous venons de faire une déclaration au sujet des otages français. Je vous y renvoie.

Q - La belle-soeur de Francis Collomp, otage au Nigeria, se plaint d’un manque d’informations du Quai d’Orsay, dit que le ministère avait promis d’appeler la famille tous les jours et que cette dernière n’a plus de nouvelles depuis samedi. Quelle est votre politique à l’égard des familles d’otages ?

R - Les autorités françaises établissent et maintiennent des contacts avec les familles de nos compatriotes retenus en otage. Le Centre de crise du Ministère des Affaires étrangères est en contact régulier avec elles.

2 - Mali - Mission de l’Union européenne

Q - Pouvez-vous nous confirmer que c’est bien le général François Lecointre qui dirigera au Mali la mission européenne de formation de l’armée malienne ? Combien de militaires français seront au total mobilisés au Mali et à partir de quand ?

R - La France a marqué sa disponibilité pour assurer le rôle de nation-cadre et a proposé la candidature du général de brigade François Lecointre au poste de chef de mission.

Le président du comité militaire de l’Union européenne a pris acte de cette candidature et l’a transmise à la Haute Représentante, Mme Catherine Ashton, qui doit confirmer ce choix.

La France contribuera à cette mission de formation de l’Union européenne, qui commencera son déploiement au début de l’année 2013.

Déclarations du 24/12/12 :

La France condamne très fermement les nouvelles destructions de mausolées de saints musulmans dans la ville de Tombouctou. Ceux qui se sont rendus coupables de telles destructions devront répondre de leurs actes, qui traduisent un véritable esprit d’intolérance. Ces destructions s’accompagnent de la poursuite de graves atteintes aux droits fondamentaux de la personne, qui suscitent notre réprobation.

Nous appelons à la protection de ce patrimoine classé par l’UNESCO, qui figure également sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité en péril.

Déclarations du 17/12/12.

Q - Bonjour. Le ministre a reçu son homologue malien ce matin ? Quelle a été la teneur des discussions ? A-t-on désormais une date pour la présentation de la résolution sur le Mali au CSNU ?

R - M. Laurent Fabius a en effet reçu ce matin son homologue malien, M. Tieman Coulibaly. L’entretien a porté sur les dernières évolutions de la situation au Mali :

- la constitution du nouveau gouvernement et la consolidation de la situation politique à Bamako ;

- les perspectives de dialogue politique avec les groupes rebelles non-terroristes et les représentants de la société civile dans le Nord du Mali ;

- le prochain vote d’une résolution des Nations Unies. M. Coulibaly se rendra prochainement à New York dans cette perspective ;

- le travail en cours avec nos partenaires européens à Bruxelles pour le déploiement d’une opération européenne de formation de l’armée malienne.

Laurent Fabius a particulièrement insisté sur le nécessaire contrôle de l’armée par le pouvoir civil.

Déclarations du 11/12/12 :

La France est préoccupée par la situation à Bamako. Nous condamnons les circonstances dans lesquelles le Premier Ministre Cheikh Modibo Diarra a été contraint de démissionner. Nous appelons chacun à la responsabilité dans l’intérêt du Mali.

Un nouveau gouvernement représentatif et qui recueille le plus large soutien au sein de la population malienne doit être rapidement formé par le président Traore. L’ancienne junte doit cesser ses interventions dans les affaires politiques du pays.

Alors que la communauté internationale, la CEDEAO, l’Union Africaine, les Nations Unies, l’Union européenne sont mobilisées pour aider le Mali à recouvrer sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire, chacun, au Mali, doit se montrer à la hauteur des défis auxquels le pays est confronté.

Ces développements viennent souligner la nécessité du déploiement d’une force africaine de stabilisation.

La France réitère son attachement à la démocratie, à la stabilité et à l’intégrité du Mali.

Déclarations du 06/12/12 :

Q - Mali : l’ambassadeur français à l’ONU a indiqué hier que le projet français de résolution prévoyait "le déploiement d’une force de la CEDEAO à Bamako pour préparer l’armée malienne".

Il a ensuite indiqué que "ce que l’on appelle intervention militaire est simplement de ramener l’armée malienne dans ses casernes dans le nord".

Est-ce à dire qu’il n’est plus question d’une opération internationale dans le nord du pays ?

R - Notre ambassadeur a indiqué que l’Union africaine, la CEDEAO, les autorités maliennes et les membres notamment africains du Conseil de sécurité des Nations unies avaient tous souligné la nécessité d’une action rapide pour rétablir l’intégrité territoriale du Mali.

Il a ajouté que la force qui allait être déployée par la CEDEAO, après autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies, appuierait l’armée malienne pour une intervention dans le Nord du pays.

La France reste convaincue du besoin de combiner approches politique, sécuritaire et humanitaire afin de parvenir à un règlement durable de la crise que traverse le Mali.

Déclarations du 5/12/12 :

Q - Le président de la Cédéao Alassane Ouattara espère une intervention militaire au Mali dès le premier trimestre 2013. Qu’en pensez-vous ?

R - La France soutient les autorités maliennes, la CEDEAO et l’Union africaine pour parvenir à une sortie de crise durable.

Nous rappelons la nécessité de progresser simultanément sur l’ensemble des volets politique, sécuritaire et humanitaire de la crise que traverse le Mali, dans le cadre des orientations définies par le Conseil de sécurité.

Comme les autorités maliennes, la CEDEAO et l’Union africaine, la France espère qu’une opération militaire africaine pourra commencer à se déployer dès que possible au Mali, compte tenu de la menace constituée par les groupes terroristes.

Q - Le président tchadien Idriss Deby est à Paris. Souhaitez-vous une participation tchadienne à la force interafricaine d’intervention au Mali ? A-t-elle été demandée ?

R - Il appartient au Tchad, en liaison avec les organisations régionales concernées, la CEDEAO et l’Union africaine, de décider de sa participation éventuelle à la force africaine qui devrait se déployer au Mali après autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies.

Déclarations du 29/11/12 :

Conformément à la demande du Conseil de sécurité dans sa résolution 2071, le Secrétaire général des Nations Unies a fait des recommandations sur les moyens de dégager une solution d’ensemble à la crise malienne.

Ce rapport s’inscrit dans le cadre de la triple approche de la crise, politique, humanitaire et militaire, promue par le Conseil de sécurité dans ses résolutions 2056 et 2071. La France soutient cette approche, les trois volets de la solution devant progresser simultanément.

Sur le plan politique, il est essentiel que les autorités maliennes, appuyées par les organisations régionales et la communauté internationale, établissent dès que possible une feuille de route de la transition incluant l’organisation d’élections, et lancent un véritable dialogue avec les groupes rebelles non-terroristes du Nord-Mali.

Sur le plan militaire, comme le souligne le Secrétaire général des Nations unies, une action urgente est requise pour aider le gouvernement malien à réunifier le pays et mettre un terme à la menace qu’ Aqmi fait peser sur le Mali, ses voisins et toute la communauté internationale.

Comme le relève le Secrétaire général, le concept stratégique établi par la CEDEAO et endossé par l’Union africaine servira de référence à l’examen par le Conseil de sécurité de la demande africaine d’une autorisation d’une force internationale sous chapitre VII de la Charte. Sur cette base, la France, en concertation avec tous ses partenaires, entend proposer une nouvelle résolution pour répondre à la demande des autorités maliennes.

Déclarations du 27/11/12 :

Q – Sur le Mali, peut-on savoir où nous en sommes à l’ONU, si le plan stratégique a été déposé pour une intervention éventuelle ?

R – Nous attendons, conformément à l’échéancier fixé par la résolution 2071 du Conseil de sécurité des Nations unies, que le Secrétaire général des Nations unies présente son rapport. Il devrait le faire très rapidement, dans les jours qui viennent. C’est sur la base de ce rapport que le Conseil de sécurité pourra autoriser le déploiement d’une opération africaine au Mali, par l’adoption d’une nouvelle résolution. Toujours sur le volet militaire de la crise malienne mais s’agissant non plus des Nations Unies mais de l’Union européenne, le Conseil Affaires étrangères a adopté des conclusions lors de sa dernière réunion de novembre qui devraient être précisées le mois prochain.

Pour être complet, et c’est un sujet que le Ministre a également abordé ce matin lors de son entretien avec le Premier Ministre malien, il y a bien sûr aussi, tout un volet politique, indissociable des volets militaire et humanitaire. Cela recouvre à la fois le processus de transition politique et l’adoption d’une feuille de route, dont l’organisation d’élections, et le dialogue politique entre les autorités maliennes et les groupes rebelles non-terroristes, pour reprendre les termes exacts de la résolution 2071 du Conseil de sécurité. Ce sujet a été amplement traité à l’occasion de la récente visite à Paris d’une délégation du MNLA, reçue ici par Jean-Félix Paganon, notre Ambassadeur pour le Sahel.

Q – La CEDEAO a-t-elle remis un document ? Y a-t-il eu une démarche africaine ?

R – Oui, cela remonte déjà à une semaine. Le concept d’opération lui-même a été adopté par la CEDEAO, transmis à l’Union africaine, puis aux Nations unies, à New York. Maintenant, nous sommes dans la phase « rapport du Secrétaire général des Nations unies », fait sur cette base au Conseil de sécurité. Les membres du Conseil seront saisis pour adoption d’une nouvelle résolution, conformément à la précédente, la 2071 qui prévoit l’adoption d’une nouvelle résolution autorisant le déploiement de la force.

Déclarations du 20/11/12 :

Q – Allez-vous donner une nouvelle aide humanitaire de développement ?

R – En effet, dans les conclusions, l’Union européenne a manifesté sa disponibilité à donner plus d’aide si nécessaire.

Concernant l’aide humanitaire, la France a consacré plus de 18 millions d’euros d’aide humanitaire au Sahel sur les 5 premiers mois de l’année, 7 millions et demi ont été débloqués en juin. Aujourd’hui, nous sommes à 26 millions d’euros pour le Sahel de manière générale. S’agissant du Mali, plus de 6 millions d’euros d’aide alimentaire et humanitaire ont été apportés par la France en 2012. Sur ce total, plus de 3 millions d’euros d’aide alimentaire ont été versés pour venir en aide aux régions du Nord du Mali.

Q – Que fera la France de manière concrète sur ce dossier ? Concernant la question des formateurs, on parle de 250. Combien de formateurs sur ces 250 personnes seront-ils Français ?

R – Concernant le montage de l’opération, nous aurons des opérations de formation au profit d’unités maliennes (4 bataillons) d’environ 650 hommes. Il y aura aussi un soutien à la recomposition des forces armées maliennes, plus particulièrement en ce qui concerne la chaîne de commandement, la chaîne logistique et les ressources humaines. Enfin, il y aura des actions de formations opérationnelles. Soit 250 personnels environ dont 170 formateurs et conseillers. Ce qui reste à discuter entre maintenant et le prochain Conseil de décembre (pour un déploiement en début d’année prochaine), c’est en effet la question de la contribution des uns et des autres. Ce n’est pas encore déterminé. Nous avons franchi la première étape qui est le concept d’opération et la planification pour entrer dans la phase de génération de force. C’est en fonction des contacts que nous aurons avec nos partenaires que nous fixerons la contribution française.

Q – Et cela, c’est du domaine européen et on est sûr qu’il y aura donc pas mal de Français à l’intérieur, est-ce bien cela ?

R – Il y aura une contribution française. Son niveau dépendra des discussions que l’on doit avoir avec les États membres disposés à y contribuer.

Q – À ce jour, avez-vous des contacts avec le MNLA ?

R – À ma connaissance, à ce jour, il n’y a pas eu de contacts avec le MNLA.

Je rappelle que le traitement de la crise malienne ne se réduit pas à l’éradication d’AQMI au Nord Mali. Pour arriver à une solution durable, il faut – et cela figure dans la résolution 2071 du CSNU, une reprise du dialogue politique. La position française a été fixée de manière générale pour ce qui concerne les contacts ou les discussions avec les groupes rebelles maliens avec 2 critères. D’une part, la reconnaissance de la nécessité de l’intégrité territoriale du Mali, d’autre part la renonciation à la violence et au terrorisme. Des dernières déclarations faites par le MNLA, il semble qu’il s’oriente dans ce sens./.

Déclaration du 15/11/12 :

Q - Le mouvement Ansar Dine a annoncé hier de nouvelles concessions (renoncement à la charia, possibillité de négociations avec les autorités maliennes). Accordez vous du crédit à ce mouvement ? Paris considère-t-il Ansar Dine comme un interlocuteur fiable dans la recherche d’une solution négociée ?

R - Nous prenons note des signaux de ces derniers jours, y compris les déclarations faites par le groupe Ansar Eddine. Ce que nous voulons, c’est que les déclarations soient suivies d’effets, que la vie des populations sur le terrain s’améliore et que les exactions cessent.

La France reste très préoccupée par la situation des droits de l’homme au Mali.

Le rétablissement de l’État de droit au Mali passe nécessairement par la protection des droits de l’homme sur l’ensemble du territoire, fondée sur le respect des Conventions des Nations unies librement ratifiées par le Mali, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui garantit les libertés fondamentales.

Rétablir la sécurité et la stabilité sur l’ensemble du territoire malien implique que tous les acteurs sur le terrain renoncent aux violations des droits de l’homme.

Nous oeuvrons, dans ce sens, pour que les Nations unies et la communauté internationale restent pleinement mobilisées.

De manière plus générale, la France a une position constante : conformément aux termes et conditions posées par la résolution 2071 du Conseil de sécurité des Nations unies, il faut un dialogue politique entre les autorités de Bamako et les groupes rebelles non terroristes du Nord.

Nous attendons donc qu’Ansar Eddine rompe effectivement ses liens avec les organisations terroristes présentes au Nord Mali et reconnaissent sans équivoque les principes d’unité et d’intégrité territoriale du Mali.

Déclaration du 09/11/12 :

Q - On parle d’une mission d’entrainement de l’Union européenne de 200 hommes. Est-ce que ce sont des chiffres que vous confirmez ?

R - Je crois que c’est un peu tôt pour donner des chiffres. Dans le prolongement de l’adoption de la résolution 2071 par le Conseil de sécurité à l’unanimité, les ministres des Affaires étrangères de l’Union ont décidé le 15 octobre de lancer une planification d’une mission de formation et de conseil aux forces maliennes.

C’est une réponse à la demande qui a d’ailleurs été formellement adressée par les autorités maliennes à l’Union européenne. Cette mission – il n’y a pas qu’une composante militaire – de l’Union européenne est plus globale au Sahel, elle inclut aussi un volet politique et un volet humanitaire.

Q - Est-ce que l’idée d’une intervention est toujours aussi inéluctable que l’on a voulu le dire parce que dans les déclarations de Romano Prodi, d’Ansar Dine et du ministre algérien de l’Intérieur, il y a différentes prises de position ?

R - Nous avons vu tout cela. La base, c’est la résolution 2071 qui comporte deux volets : un volet politique et nous souhaitons qu’il avance, c’est-à-dire un dialogue avec les groupes au nord mais en fonction de deux critères, des groupes qui acceptent l’intégrité territoriale du Mali et deuxièmement des groupes qui renoncent au terrorisme. Et puis, il y a un aspect sécuritaire parce qu’il y a évidemment des groupes avec lesquels un dialogue n’est pas possible, notamment les groupes qui ne répondent pas à ces critères.

Q - Qu’est-ce que cela vous inspire ? Il semble qu’il y ait des dissensions maintenant parmi les groupes. Il y a Ansar Dine qui demande la négociation, vous avez déjà répondu mais hier il y a les Katiba du Niger qui ont fait défection aussi, qui sont rentrés au Niger, qui se sont rendus aux autorités du Niger. Est-ce que vous avez un espoir que cela va se résoudre tout seul ou l’intervention va-t-elle continuer selon la planification à l’ONU ?

R - Ce sont des décisions, des initiatives qui appartiennent d’abord aux Africains. Nous venons en appui de demandes des autorités maliennes, de la CEDEAO, de l’Union Africaine. Mais les deux volets sont complémentaires, ils ne sont pas exclusifs l’un de l’autre, c’est-à-dire ce volet politique et ce volet sécuritaire parce qu’il y a des groupes avec lesquels un dialogue politique peut-être engagé et des groupes terroristes avec lesquels un dialogue politique n’est pas possible.

Q - Je voudrais revenir sur le Mali et sur la déclaration du ministre algérien de l’Intérieur qui disait hier que l’argument du nord-Mali comme base arrière d’Al Qaïda ne tenait pas et donc, que l’on ne pouvait pas justifier une intervention militaire sur la base de cet argument. Il a dit que « cela ne tenait pas debout ».Comment interprétez-vous cette déclaration ? S’éloigne-t-on d’une intervention ou l’Algérie s’en dissocie-t-elle ?

R - Je vous ai répondu tout à l’heure. Nous parlons beaucoup avec nos partenaires algériens. C’est un pays important dans la recherche d’une solution à la crise que traverse le Mali. C’est la résolution 2071 qui couvre l’aspect politique et l’aspect sécuritaire. Ces deux aspects sont complémentaires. Il ne faut pas oublier le problème humanitaire qu’il faut résoudre.

Déclarations du 07/11/12 :

Q - Comment accueillez vous les déclarations du groupe Ansar Dine, qui s’est démarqué du terrorisme et de l’extrémisme et a appelé au dialogue au Mali ? Des négociations avec ce groupe sont elles envisageables ?

R - La France prend note de la déclaration du groupe Ansaar Eddine affirmant son rejet du terrorisme et sa volonté de trouver une solution négociée à la crise que traverse le Mali. Cette déclaration doit maintenant avoir une traduction concrète sur le terrain. La rupture avec les organisations terroristes et l’arrêt des violations des droits de l’homme dans les zones contrôlées par Ansaar Eddine doivent être effectifs.

Un accord politique n’aura de sens que s’il permet une restauration pleine et entière de l’autorité du gouvernement de Bamako au Nord Mali. Toute autre solution ne constituerait qu’un faux semblant.

Le Conseil de sécurité a appelé à un dialogue politique entre les autorités maliennes et les groupes combattants au Nord, selon des critères clairs. Ces groupes doivent reconnaître l’intégrité du territoire malien et rompre sans délai leurs liens avec les organisations terroristes. Ces conditions sont plus que jamais valables.

La France rappelle sa position de principe : le volet politique et le volet sécuritaire sont tous deux indispensables pour parvenir à une solution durable de la crise. Ils sont complémentaires et non alternatifs.

Déclarations du 31/10/12 :

Q - Après le passage de Hillary Clinton à Alger, les contours d’une intervention militaire au nord-Mali se précisent-ils ? Et quelle est votre analyse quant à l’insistance d’Alger de discuter avec Iyad Ag Ghaly et son groupe d’Ansar Dine, considéré par Paris et Washington comme un groupe terroriste à l’instar de Mujao ou Aqmi ?

R - Notre position est claire : aucune négociation n’est possible avec les groupes armés qui ne rompent pas avec le terrorisme et ne respectent pas le principe de l’intégrité territoriale du Mali. Cette ligne correspond en tous points aux termes de la résolution 2071 adoptée le 12 octobre par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

En outre, nous attendons des autorités maliennes qu’elles présentent une feuille de route incluant notamment un calendrier électoral et prévoyant les modalités d’un dialogue avec les groupes rebelles non terroristes du Nord Mali qui se conforment aux exigences du Conseil de sécurité.

Nous sommes d’autre part attachés à la lutte contre l’impunité : nous souhaitons ainsi que ceux qui se sont rendus coupables de crimes de guerre ou d’exactions soient jugés.

Déclarations du 26/10/12 :

Q – Vous disiez que dans l’entretien avec M. Lavrov, on examinera entre autres la question du Mali, les prochaines échéances. Justement, quelles sont les prochaines échéances ? C’est notamment le ministre de la Défense qui, il y a quelques jours, avait dit que ce serait peut-être une question de semaines. Qu’est-ce qu’on peut attendre sur la question du calendrier ?

R – La seule échéance qui soit sûre aujourd’hui, c’est celle qui a été fixée par la résolution 2071 du Conseil de sécurité. C’est la seule échéance qui soit fixe et qui s’impose à tous, parce que c’est une résolution du Conseil de sécurité. Dans l’intervalle, le Mali et les Etats africains de la CEDEAO et de l’Union africaine ont plusieurs choses à faire qui touchent au dialogue politique d’une part, et qui touchent d’autre part à la réorganisation de l’armée malienne pour une opération en direction du Nord-Mali, en clair d’éradication d’AQMI au Nord-Mali. Le délai est celui-là. Les sujets qui doivent être traités sont ceux-là. Les acteurs sont ceux-là.

Sur ce dernier aspect, je rappelle qu’il s’agit d’une opération africaine, c’est-à-dire malienne avec le soutien de la CEDEAO et de l’Union africaine. Ce sont des messages d’ailleurs qui ressortent de la réunion de Bamako. Pour le reste, et c’est un autre élément d’échéance qui concerne l’Union européenne, une disponibilité de principe a été exprimée lors du dernier Conseil à Luxembourg et sera précisée pour le prochain Conseil qui se tiendra le 19 novembre.

Q – Vous avez réussi à mettre l’Algérie dans le train vers une intervention selon nos collègues de Reuters. Qu’avez-vous à dire là-dessus ?

R – Nous avons bien sûr des contacts permanents avec nos amis algériens et cela à tous les niveaux. Je rappelle qu’il y a eu de nombreuses visites ministérielles françaises en Algérie récemment, la dernière en date étant celle de M. Valls. Il y en avait eu d’autres avant de Mme Bricq et de Mme Yamina Benguigui également. Dialogue permanent aussi entre les ministres des Affaires étrangères. Ils se sont vus notamment à New York, en marge des réunions de l’Assemblée générale des Nations unies et Laurent Fabius a encore rencontré à Paris M. Messahel il y a quelques jours, de mémoire c’était le 4 octobre. Donc il y a un dialogue permanent sur tous les sujets et notamment sur celui que vous mentionnez, le Mali. Nous avons toujours dit que nos intérêts dans cette affaire étaient partagés, notamment lorsqu’on pense en termes de lutte contre le terrorisme. S’il y a un pays qui a souffert du terrorisme, c’est bien l’Algérie. Autre intérêt commun, c’est la stabilité de cette région du Sahel de manière générale et de manière particulière l’intégrité du Mali. C’est sur ce fond de grande proximité et d’intérêts partagés, notamment en termes de sécurité, que nous discutons avec les Algériens.

Pour le reste, je vous renvoie aux déclarations des autorités algériennes elles-mêmes, à la suite de l’adoption de la résolution 2071. Je n’ai plus en mémoire les termes exacts de ces déclarations mais elles se félicitaient de l’adoption de cette résolution.

Q – Je n’ai pas en tête les propos de l’Algérie suite à l’adoption de cette résolution. Néanmoins, l’Algérie est hésitante à s’embarquer dans une intervention.

R – Ce que je relève, c’est que l’Algérie a participé à des efforts de règlement de précédentes crises dans le nord du Mali, en 2006 notamment. Si vous voulez une interprétation de la position algérienne, je vous renvoie aux autorités algériennes. Je peux vous dire quelle est la position française, je peux vous parler de nos contacts, je peux constater des faits comme des déclarations officielles à la suite d’adoption de texte mais je ne peux pas faire des supputations sur la position des autorités algériennes.

Q – Actuellement, il y a une délégation de Ansar Dine à Alger, êtes-vous favorable au dialogue avec ce groupe ou pour vous c’est un groupe avec lequel on ne peut pas discuter ?

R – Ce ne sont que des rumeurs de presse.

Q – Ce dialogue est-il possible pour vous ou est-ce un groupe à exclure ?

R – Il me semble que vous étiez à la conférence de presse qu’a donnée le ministre ce mardi. Il a répondu au moins en partie à cette question. De manière générale, la position française est qu’il doit y avoir un dialogue politique au Mali si on veut une solution durable à cette crise. Ce dialogue doit se nouer entre les autorités maliennes et les individus et groupes non terroristes. C’est une position française de longue date et qui se trouve avoir été reprise dans la résolution 2071 du Conseil de sécurité. Ceci recouvre plusieurs choses, dont l’acceptation du principe de l’intégrité territoriale du Mali. Pour Ansar Dine, je n’ai pas vu de prise de position en ce sens de leur part. Il me semble en avoir vu de la part du MNLA – « autodétermination sans séparatisme », de mémoire.

Q – Peut-on avoir une date plus précise concernant la visite du président en Algérie ?

R – La communication sur les déplacements du Président se fait à l’Élysée.

Déclaration du 25/10/12.

La France salue la décision prise le 24 octobre par l’Union africaine de réintégrer le Mali en son sein.

Cette réadmission marque l’engagement des États africains en faveur du processus porté par les autorités maliennes de transition et en faveur d’un règlement durable de la crise. Nous appelons les autorités maliennes à poursuivre leurs efforts dans cette direction, en organisant notamment des Assises nationales de dialogue et en adoptant une feuille de route présentant les futures étapes de la transition.

La réadmission du Mali dans l’Union africaine facilitera la coopération internationale entre tous ceux qui œuvrent en faveur de la résolution de la crise malienne, conformément à la résolution 2071 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Q - Concernant le règlement de la crise malienne, qu’attendez-vous de l’Algérie ?

Q - Une neutralité bienveillante ou une participation active ?

R - Le ministre des Affaires étrangères s’est exprimé clairement sur ce point, le 23 octobre, je cite :

"Deux principes doivent être absolument respectés : premièrement, l’intégrité des territoires, en l’occurrence celui du Mali. On ne peut pas accepter qu’un pays soit coupé en deux par un putsch et la présence de terroristes. Deuxième principe : lutter contre le terrorisme et, en l’occurrence, le terrorisme mélangé au trafic de drogue. Sur ces deux points, la France et l’Algérie, avec l’immense majorité des autres pays, sont parfaitement d’accord. Voilà un point évidemment très important de convergence."

Déclaration du 22/10/12 :

Q - Est-ce que l’intervention militaire au Nord Mali est tributaire de la reprise de la coopération militaire entre la France et le Mali, interrompue depuis le coup d’Etat de mars, et de la formation des troupes maliennes sous-équipées ?

R - La résolution 2071, adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité, prévoit plusieurs réponses à la crise que traverse le Mali, notamment ses aspects politiques, sécuritaires, humanitaires et de développement.

En réponse à la requête malienne, il appartient aux Africains de s’entendre sur les modalités d’une intervention afin de rétablir l’intégrité territoriale du Mali. Aux cotés d’autres membres de la communauté internationale et de l’Union européenne, la France se tient prête à apporter un soutien de nature logistique aux opérations, dans le cadre de la légalité internationale.

A l’occasion de la réunion du groupe de soutien et de suivi organisée le 19 octobre à Bamako, le Représentant spécial du ministre des Affaires étrangères, M. Jean Félix-Paganon, a annoncé au ministre de la Défense malien que nous allions reprendre notre coopération de sécurité et de défense. Cette décision répond à une demande des autorités maliennes et s’inscrit dans le prolongement de la résolution 2071. Elle sera mise en oeuvre en lien étroit avec nos partenaires européens, pour participer à la formation de l’armée malienne.

Déclaration du 9/10/12 :

Q - Vous avez évoqué un peu avant la question du Sahel qui va être traitée lors du Sommet franco-espagnol. Ce sujet a été évoqué par M. Hollande avec Ban Ki-moon, avez-vous des précisions concernant le calendrier ? La France indique qu’elle souhaite une opération militaire, peut-on avoir un délai et les détails de fonctionnement ?

R - Depuis le 26 septembre dernier et la demande faite par les autorités maliennes aux Nations Unies, nous avons avancé en effet. Nous avons en tête un dispositif en deux temps avec l’adoption rapide d’un premier projet de résolution comprenant essentiellement trois dispositions.

Une première disposition qui est un appel au dialogue politique, une seconde qui est la demande faite aux autorités maliennes, en lien avec celles de la CEDEAO et l’Union africaine, de définir leurs besoins, c’est ce que l’on appelle un concept d’opération. Troisièmement, un appel à toutes les organisations, je pense notamment à l’Union européenne puisqu’elle a manifesté sa disponibilité à le faire, à aider au déploiement de cette force. C’est un premier temps qui est déjà bien avancé et qui pourrait déboucher assez vite sur l’adoption d’une première résolution.

Il y aura ensuite l’adoption d’une seconde résolution qui autorisera le déploiement de la force. Je vous le rappelle car c’est important, cette force est une force africaine et donc, la planification et la génération de force reviennent aux Africains et aux Maliens au premier chef, en coordination avec les pays africains. C’est lorsque l’on aura une définition précise des besoins que la France et d’autres, nous l’espérons, définiront exactement ce qu’il est possible de faire pour aider cette force à restaurer l’intégrité territoriale du Mali et à éradiquer AQMI du nord-Mali.

C’est l’orientation générale. Ce sont les prochaines échéances.

J’ajoute qu’il n’y a pas de délai précis pour ce qui concerne le déploiement de la force car cela dépendra du délai que mettront les autorités maliennes à répondre à la demande qui va leur être faite au terme de la première résolution, de générer les forces et de définir les besoins.


publié le 15.05.2013

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