Les Relations économiques France-Mali
Le Mali reste un partenaire commercial mineur de la France, même au sein de l’UEMOA. La France n’est plus le premier investisseur étranger au Mali en stocks d’IDE, mais reste la plus visible par le nombre d’implantations commerciales, en progression depuis 2009.
En 2011, le Mali a conservé son rang moyen comme partenaire commercial de la France : il apparaît au 84ème rang de nos clients, figure à la 160ème place comme fournisseur et au 30ème rang pour les excédents. L’an passé, nos échanges ont progressé de 9%, passant de 287 M€ à 314 M€. Ils continuent de dégager un excédent confortable (3ème au sein de l’UEMOA, derrière le Sénégal et le Bénin), qui atteint 298 M€, contre 276 M€ en 2010.
Parmi les pays de l’UEMOA, le Mali atteint en 2011 le 4ème rang des pays clients, et le 5ème rang des pays fournisseurs et des échanges (imports + exports), avec une part de 7,2%, loin derrière la Côte d’Ivoire (1 280 M€, soit 29,4% de nos échanges dans la zone), le Sénégal (983 M€ , 22,6%), le Bénin (813 M€, 18,7%) et le Niger (456 M €, 10,5%). Le Mali représente en 2011 3,9% de nos échanges en zone Franc.
Concentrant ses exportations sur l’or, le coton et le cheptel bovin, le Mali n’est qu’un fournisseur négligeable de la France avec des exportations qui ne dépassent pas 10 M€/an en moyenne depuis 5 ans, et sont remontés à 8,2 M€ en 2011.
On peut estimer que la France se situe comme 3ème fournisseur du Mali, avec une part de marché de l’ordre de 13%, derrière le Sénégal et la Chine, omniprésente dans le BTP.
Les investissements directs étrangers au Mali sont récents (début des années 2000) et liés pour l’essentiel à l’activité minière (exploitation de gisements aurifères, prospection d’hydrocarbures et de ressources minières). Selon la CNUCED, le stock d’IDE est passé de 210,4 M USD en 2001 (flux de 122 M USD) à 1086,7 M USD fin 2009 (flux de 109 M USD) et 1 234 M USD en 2010 (flux de 148 M USD). En tenant compte des transferts et rapatriements vers l’étranger (62 M USD), le solde net d’IDE s’élevait à 1 172 M USD fin 2010.
Par comparaison, fin 2010 le stock d’IDE atteignait 6618 M USD en Côte d’Ivoire, 2310 M USD au Niger, 2155 M USD en Mauritanie, 1917 en Guinée-Conakry, 1615 M USD au Sénégal, 955 M USD au Togo, 905 M USD au Burkina-Faso et 60 327 M USD au Nigéria.
Aujourd’hui, la France n’est plus le premier investisseur étranger au Mali, sous l’effet de la montée dans les années 2000 des investissements de l’Afrique du Sud (mines et agroalimentaire), du Maroc (banques et télécom), de la Libye (banques, hôtellerie, distribution d’hydrocarbures et un projet agricole dans le nord de la zone Office du Niger, qui reste cependant au point mort depuis 2011), voire du Canada ou de l’Australie (mines).
La présence de la Mauritanie (une banque commerciale, la Banque pour le Commerce et l’Industrie – BCI, une entreprise de travaux publics ATTM, une société de distribution d’hydrocarbures STAR OIL), celle de la Tunisie (SCET dans le BTP, quelques bureaux d’études), enfin celle de l’Algérie (la SONATRACH est présente depuis 2007 dans la prospection pétrolière via sa filiale SIPEX associée à l’italien ENI sur le bloc 4 dans le bassin de Taoudenni, au nord de Tombouctou) restent discrètes.
Partenaire commercial historique du Mali, la Chine n’a que deux investissements notables et anciens, une unité textile à Ségou (COMATEX) et un complexe sucrier à Markala/Ségou, SUKALA, dont une extension est prévue en 2012. Sa présence est massive dans le secteur du BTP.
Enfin, les partenaires africains traditionnels du Mali (Sénégal, Côte d’Ivoire et Bénin, par lesquels transitent l’essentiel des échanges commerciaux) ont peu d’investissements visibles, à l’exception de la SONATEL, détentrice d’Orange Mali (70,23%) ou du groupe franco-sénégalais ADVENS (ex Jaber’s Négoce), actionnaire de référence du consortium ferroviaire Transrail et holding de Geocoton (après son rachat en mars 2008 de Dagris, ex CFDT).
Selon la Banque de France, les flux cumulés au départ de France de 1999 à 2010 inclus dégagent un solde négatif de 72 M€ (-129 M€ pour la seule année 2000).
Les IDE français vers le Mali s’élèvent en 2010 à 6 M€ contre 6 M€ en 2009, 4 M€ en 2008 et 5 M€ en 2007. Notre stock d’IDE au Mali atteint fin 2010 35 M€ (124ème rang), dont 33 M€ liés aux services (15 M€ dans les activités financières, 10 M€ dans l’immobilier, 2 M€ dans le transport et l’entreposage) et 2 M€ dans l’activité manufacturière. A l’inverse, les IDE en provenance du Mali atteignent en flux -1 M€ en 2010 contre -3 M€ en 2009 et le stock comptabilisé depuis 1999 est négatif à- 6 M€, contre -7 M€ fin 2009.
Si l’on tient compte de notre part au capital de MAROC TELECOM (53%) et SONATEL (43%), et plus récemment dans la BNDA (44%), la présence française s’est incontestablement renforcée depuis 2009.
En 2011, on recense près de 125 filiales et sociétés à capitaux français (participations minoritaires incluses). On dénombre par ailleurs près d’une soixantaine d’investissements privés réalisés par des ressortissants français ou binationaux installés au Mali, dans l’hôtellerie, la restauration, le bâtiment, les services.
Employant un effectif global de l’ordre de 4000 salariés, les filiales françaises sont très majoritairement basées à Bamako. La répartition de leur activité reflète la structure et le potentiel du marché malien puisque ces entreprises opèrent à 65% dans les services, 15% dans l’industrie et 20% dans le commerce. En outre, elles sont dans une proportion de 60% l’émanation de groupes français, dont les principales filiales sont :
Le transport/logistique retient l’intérêt des investisseurs français : Air France dessert le Mali à raison d’un vol direct par jour. Aigle Azur entretient une liaison quotidienne sur Bamako, qu’il a étendu à Kayes fin 2011 (deux vols hebdomadaires) ; plusieurs compagnies à bas prix proposent des vols hebdomadaires en charter, dont Point Afrique et Go-Voyages, qui sont également des opérateurs touristiques, bien que cette activité soit temporairement en net recul. Air France a créé en 2004 avec l’Asecna un centre régional de formation, l’institut africain des métiers de l’aérien (IAMA). Enfin TRANSRAIL a des liens capitalistiques avec la France à travers le groupe ADVENS.
En 2012, on relève l’ouverture d’une filiale d’INTERNATIONALE DE COMMERCE ET DE SERVICE - ICS, PME spécialisée dans la vente de machinisme agricole, et celle du cabinet d’avocats VAUGHAN.
| - | Parts UEMOA | ||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| - | 2010 | 2011 | exports FAB | imports CAF | Solde | Echanges | 2011 | client | fournisseurs. |
| Sénégal | 2 | 1 | 886 949 | 96 005 | 790 944 | 982 954 | 22.6 % | 55 | 102 |
| Bénin | 3 | 2 | 807 652 | 5 280 | 802 372 | 812 932 | 18.7 % | 56 | 167 |
| Cote d’Ivoire | 1 | 3 | 735 246 | 545 030 | 190 216 | 1 280 276 | 29.4 % | 63 | 66 |
| Mali | 4 | 4 | 306 144 | 8 178 | 297 966 | 314 322 | 7.2 % | 84 | 160 |
| Togo | 6 | 5 | 247 829 | 23 041 | 224 788 | 270 870 | 6.2 % | 89 | 136 |
| Burkina-Faso | 5 | 6 | 217 062 | 7 695 | 209 367 | 224 757 | 5.2 % | 97 | 161 |
| Niger | 7 | 7 | 168 161 | 287 475 | -119 314 | 455 636 | 10.5 % | 105 | 80 |
| Guinée-Bissau | 8 | 8 | 6 859 | 30 | 6 829 | 6 889 | 0.2 % | 185 | 227 |
| U.E.M.O.A | 3 375 902 | 972 734 | 2 403 168 | 4 348 636 | 100 % | ||||
