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Assises de la coopération décentralisée (03/12/11)

INTERVENTION PRONONCEE LORS DE L’OUVERTURE DES ASSISES DE LA COOPERATION DECENTRALISEE (Bamako – 3 décembre 2011)

Excellence, Monsieur le Président de la République,

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,

Monsieur le Ministre, Représentant de Cités Unies France,

Messieurs les Gouverneurs et les Préfets,

Messieurs les Présidents des Assemblées régionales,

Mesdames et Messieurs les élus,

Monsieur le Président de l’Association des municipalités du Mali,

Mesdames et Messieurs,

Et, pour certains d’entre vous, chers compatriotes,

C’est pour moi un grand plaisir de participer aujourd’hui à l’ouverture de cet évènement d’envergure, que sont les Journées nationales des communes du Mali, les Assises de la coopération décentralisée et le Forum des femmes élus d’Afrique de l’Ouest.

Les communes sont le socle sur lequel repose l’édifice institutionnel d’un pays. Elles sont aussi l’expression la plus tangible pour le citoyen de la démocratie.

En 2008, les deuxièmes Assises s’étaient penchées sur la question du développement local et du rôle des collectivités pour assurer pleinement leur mission de maître d’ouvrage de leur développement. Elles avaient permis de réfléchir à des thématiques importantes liées à l’aménagement du territoire, au développement économique et au partenariat entre acteurs publics et privés.

La troisième édition des Assises se situe dans une perspective de bilan, au terme de près de deux décennies de décentralisation. Elles permettront d’approfondir, j’en suis persuadé, le dialogue et d’échanger expériences et informations entre collectivités maliennes et collectivités partenaires.

Seront ainsi discutés, disséqués, les atouts et limites de la coopération décentralisée, ses pistes d’améliorations, la question de la valorisation du patrimoine, de la place essentielle de la collectivité dans la lutte contre le changement climatique…

Le Mali consolide actuellement son processus de décentralisation, en poursuivant le transfert des compétences, qui doit nécessairement s’accompagner des transferts effectifs des ressources financières et humaines aux collectivités territoriales. Mais le problème de la fiscalité locale demeure un grand défi, à la mesure de l’objectif majeur de fourniture d’un service public local répondant aux besoins des populations.

La France, vous le savez, forte de son expérience avérée dans ce domaine, a soutenu, dès l’origine, le Mali dans la mise en œuvre de sa politique de décentralisation. Mais l’une des grandes originalités de notre coopération dans ce domaine est la coopération décentralisée, qui fait la jonction entre la décentralisation et le développement local.

Les partenariats entre collectivités existent de longue date - le premier a vu le jour en 1961 entre Koutiala et Alençon - et ils apportent depuis une connaissance et une compréhension du terrain, incontestables.

Actuellement, la plupart des échanges de coopération décentralisée avec le Mali impliquent des collectivités françaises. Ainsi la coopération décentralisée franco-malienne est l’une des plus importante d’Afrique, tant en terme de nombre de partenariats répertoriés que de vitalité de ces partenariats.

Quelque 167 collectivités territoriales françaises sont engagées au Mali. La coopération décentralisée franco-malienne concerne environ 15 % des collectivités maliennes, dont toutes les grandes villes du pays (capitales régionales). Une centaine de collectivités ont mené des projets de coopération décentralisée, ces cinq dernières années.

La coopération décentralisée mobilise pour cela une vaste gamme d’intervenants : des conseils régionaux, des conseils généraux, des communes, associations, hôpitaux, lycées.

Les axes d’intervention ont évolué de l’appui à la fourniture des besoins sociaux de base vers le développement économique local, dont il sera question demain, et encore vers une réflexion sur la gouvernance locale, en appuyant les collectivités pour la mise en œuvre efficace de leurs compétences. Il ne s’agit plus seulement de s’engager sur des moyens, mais de créer un cadre d’actions durables, concertées entre tous les acteurs.

Dans les jours à venir, il sera aussi question de co-développement et de l’apport des migrants au développement local de leur collectivité d’origine, thématique ô combien importante et inévitable de certaines régions maliennes et françaises ! Cette migration, alors considérée comme une richesse au sein de ce double espace, a assurément une place de choix dans cette coopération.

La France, à travers son Ministère des affaires étrangères et européennes et notamment la Délégation à l’action extérieure des collectivités territoriales, appuie de manière conséquente ce mode de coopération. Ainsi entre 2007 et 2010, ce ne sont pas moins de 75 projets, qui ont été cofinancés par le MAEE pour un montant de près de 4 millions € et de nouveaux financements sont en cours. Cependant force est de reconnaitre que cette coopération de proximité, auquel la France tient, est aujourd’hui mise en difficulté par une situation sécuritaire préoccupante dans la zone sahélienne. C’est pourquoi je constate avec intérêt que la question de la sécurité figure en bonne place dans le programme de ces Assises. Sans sécurité, pas de coopération, sans coopération, pas de développement !

Je reste convaincu que de nouveaux dispositifs peuvent émerger de cette période compliquée pour la coopération de proximité. Je suis sûr que de telles rencontres peuvent naître des mécanismes ou des modalités de coopérations nouveaux. Et je note, à cet égard, la part belle qui est faite à la coopération transfrontalière.

Votre présence, ce matin, prouve, s’il le faut encore, la forte mobilisation et l’intérêt des différents acteurs français, étrangers et maliens pour cette coopération.

En s’appuyant sur un tissu dense de relations humaines, en rapprochant les individus et les collectivités, en favorisant les échanges, la concertation et la gouvernance, elle est devenue un instrument incontournable de l’aide au développement française.

Ces Assises font donc pleinement partie de la relation bilatérale qui lie nos deux pays, car elles renforcent le lien entre le Mali et la France au-delà même de la relation d’Etat à Etat.

Je suis également convaincu que la coopération décentralisée représente un véritable levier pour le processus de décentralisation et les avancées démocratiques.

Je souhaite à tous que les échanges soient enrichissants et porteurs d’innovation. Confiant dans la qualité de vos travaux, je vous adresse mes vœux les plus chaleureux pour ces journées si importantes pour la coopération décentralisée au Mali, comme pour la relation franco-malienne dans son ensemble.

Je remercie toutes celles et ceux qui se sont impliqués avec énergie dans la préparation de cet événement et vous remercie tous de votre attention.

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