Appel de Manille à l’action pour le climat (25 au 27 février 2015)

Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères et du Développement international, a accompagné le Président de la République François Hollande lors de sa visite d’État aux Philippines du 25 au 27 février 2015, à l’invitation du Président Benigno Aquino III. Cette visite a permis de renforcer la relation bilatérale et s’est inscrite dans le travail de préparation de la conférence Climat à Paris (COP21) en décembre 2015.

APPEL DE MANILLE A L’ACTION POUR LE CLIMAT

1. Nous, chefs d’État de la République des Philippines et de la République française, et personnalités de différents pays déterminés à agir pour le climat, réunis à Manille aujourd’hui, désirons rappeler à la communauté internationale, à l’ensemble des acteurs et à l’opinion publique mondiale qu’il est urgent de lutter contre le changement climatique de manière sérieuse, efficace et équitable.

2. À moins d’un an de la 21ème Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 21) qui se tiendra à Paris en décembre 2015 et dont les résultats concerneront la vie de milliards de personnes, nous appelons la communauté internationale à conclure un accord ambitieux, équitable et universel sur le climat, qui soit conforme aux recommandations scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, afin de préserver notre planète pour permettre aux générations futures d’y vivre. À Manille aujourd’hui, nous espérons que nous écrirons ensemble l’Histoire à Paris en décembre et que nous ne nous contenterons pas de la regarder se dérouler en simples spectateurs.

3. Nous appelons à agir pour le climat.

4. En nous réunissant aux Philippines où la population a subi une série sans précédent d’événements climatiques extrêmes ces dernières années, nous prenons conscience que les pays en développement, qui ont le moins contribué au changement climatique, sont ceux qui souffrent le plus de ses effets. Certes, nous sommes confrontés à des menaces analogues et nous partageons les mêmes faiblesses, mais nous disposons aussi d’atouts et de moyens différents pour relever ces défis. Cependant, nous croyons qu’il est possible de réduire nos vulnérabilités et notre exposition aux aléas du climat. La population philippine a fait preuve d’une extraordinaire résilience à cet égard.

5. Nous appelons à la solidarité et à la justice face au changement climatique.

6. Nous avons besoin d’un accord négocié et accepté par tous et pour tous, qui tienne compte de toutes les différences de situation et fasse converger diverses perspectives pour accélérer l’action collective. Nous avons besoin d’un accord pour réduire les émissions, créer des opportunités économiques et nous doter des moyens de gérer les risques associés qui sont déjà prévisibles dans un avenir proche.

7. Nous appelons à coopérer face au changement climatique.

8. La croissance économique, le développement durable et la lutte contre la pauvreté sont des objectifs qui doivent et peuvent être atteints ensemble. Mais assurer un accès équitable au développement durable pour tous nécessitera de disposer de moyens de mise en oeuvre accrus.

9. Nous appelons à la solidarité financière et technologique.

10. Considérant que nous atteignons le point de non-retour en matière de changement climatique et que nous devons passer des intentions à l’action, nous appelons solennellement :

A. tous les États à travailler concrètement et rapidement pour lutter contre le changement climatique, en particulier contre ses impacts, et nous les invitons à présenter leurs contributions prévues déterminées au niveau national, en fonction de leurs situations et capacités nationales respectives ;

B. les pays développés et les pays en développement capables et désireux de le faire, à fournir aux pays les plus pauvres et les plus vulnérables des moyens de mise en œuvre adéquats pour les aider à se transformer en territoires résilients et en économies sobres en carbone ;

C. tous les acteurs, les États, les collectivités territoriales, les entreprises, la société civile, les organisations non gouvernementales, les universités et les citoyens à jouer pleinement leur rôle dans la lutte contre le changement climatique et en particulier contre ses effets, et la réduction des risques de catastrophes naturelles liées au climat, par des efforts individuels ou des initiatives en coopération ; et

D. chacun à diffuser cet appel et à faire prendre conscience de la nécessité d’agir rapidement et partout, et de parvenir à un accord mondial sur le climat en décembre à Paris.

Dernière modification : 02/03/2015

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