Suite à la crise alimentaire et pastorale au nord-est du Mali, la France au travers de son Comité interministériel de l’aide alimentaire (CIAA) a alloué une aide alimentaire de cinq cent mille euros (500 000 €, soit 328 millions de FCFA) au bénéfice des populations des régions de Gao et Kidal.
Cette aide alimentaire est mise en œuvre par 3 opérateurs : le Comité international de la Croix rouge ( CICR) pour un montant de cent cinquante mille euros (150 000 €), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) pour cent mille euros (100 000 €), et le consortium d’organisations non gouvernementale, Médecins du Monde Belgique et Agronomes et Vétérinaires sans Frontières (MDM-B / AVSF) pour un montant de deux cent cinquante mille euros (250 000 €).
Le CICR utilise l’aide française en appui à son projet d’urgence de déstockage du bétail et de distribution de vivres pour faire face à la crise pastorale qui frappe durement le nord-est du Mali.
L’accent sera mis sur l’achat et la distribution de produits alimentaires (Riz, mil, farine de blé et huile végétale) achetés localement. Cette aide qui contribue au transport, à l’entreposage et la manutention de ces produits bénéficiera à 290 000 personnes.
L’aide allouée à L’UNICEF au profit du Mali est destinée à la prise en charge de la malnutrition des enfants de moins de cinq ans et des femmes enceintes dans les régions de Gao et Kidal.
Ces fonds sont gérés par L’UNICEF à travers son projet de Réduction de la mortalité des enfants de moins de 5 ans et de la morbidité liée à la malnutrition dans les trois régions du Nord du Mali (Kidal, Gao, Tombouctou).
Le projet couvrira 3 zones du Nord du Mali les plus affectées par les chocs climatiques saisonniers et l’insécurité et ciblera 240 000 enfants de moins de 5 ans pour assurer leurs besoins en termes de prévention et de prise en charge de la malnutrition aiguë sévère. Le système d’information nutritionnelle sera aussi renforcé. Dans le but de réduire la mortalité et afin d’apporter une réponse globale, d’autres interventions à haut impact pourront être intégrées, notamment la promotion de bonnes pratiques d’hygiène et d’assainissement et la prévention des maladies les plus courantes au niveau des ménages.
Les objectifs spécifiques du projet sont de plusieurs ordres :
a méliorer la qualité de la prise en en charge de la malnutrition aiguë sévère en renforçant la coordination du secteur, et les capacités des partenaires de mise en œuvre du programme dans les 3 régions du Nord du Mali,
assurer l’approvisionnement en produits thérapeutiques et médicaments pour une prise en charge d’au moins 3000 enfants malnutris sévères dans les trois régions du Nord du Mali,
prévenir les carences en micronutriments en organisant une campagne d’intensification des activités de nutrition à l’endroit d’au moins 85% d’enfants de moins de 5 ans dans la zone ciblée.
Les activités permettront à la fois d’assurer un approvisionnement sans rupture en intrants des services de prise en charge nutritionnelle, de fournir un appui logistique à tous les partenaires impliqués (services de santé et ONG), de traiter les enfants malnutris sévères, d’assurer les campagnes de supplémentation en micronutriments. Le financement permettra aussi une formation du personnel de santé ainsi qu’un suivi régulier des activités.
Pour ce qui est du consortium MDM-B / AVSF, , l’aide française vient en complément d’un financement ECHO et doit permettre de poursuivre et appuyer un projet de développement de service de santé humaine et vétérinaire de proximité dans le cadre de l’urgence nutritionnelle, sanitaire et économique liée à la sécheresse dans les Régions de Gao et Kidal, à travers le déploiement d’équipes mobiles mixtes, vétérinaire - médecin .
L’objectif principal du projet de 10 mois est de contribuer à la lutte contre la malnutrition des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes. Son objectif spécifique est la protection de la santé et des moyens d’existence notamment le cheptel des populations vulnérables dans les zones ciblées pendant la période de soudure.
Les résultats attendus de l’intervention des équipes mixtes sont une prise en charge des familles des éleveurs ainsi que de leur cheptel avec deux volets menés conjointement :
volet santé humaine : prise en charge des problèmes de santé, de malnutrition, vaccination et soins préventifs.
volet santé animale : déparasitage et compléments nutritionnel pour les animaux reproducteurs en particulier.
Ce projet permettra une compilation de données et une restitution aux autorités en particulier au système d’alerte précoce (SAP). Il permettra de mesurer les besoins et de préparer les communautés à une prévention plus adaptée tant au niveau humain qu’animal.
Pour cette Action MDM-B (avec Agronome et Vétérinaire sans frontière, AVSF, en lien avec les services techniques de l’Etat, les autorités administratives des régions ainsi qu’avec les acteurs internationaux présents sur les zones d’intervention, développera 10 équipes mobiles mixtes (santé humaine et animale). Les circuits et activités sont menés en concertation avec tous les acteurs locaux. Les résultats des activités seront diffusés et sur la base des informations récoltées, il sera proposé une stratégie d’action aux services de santé humaine et vétérinaire basée sur une intervention de proximité. Un renforcement des systèmes d’alerte pourra être également mis en œuvre. Ainsi il pourra être décidé de poursuivre l’utilisation d’équipes mixtes pour maintenir la surveillance et la prise en charge de la santé humaine et animale dans les zones à risques.
Par le financement de ces trois opérations la France contribue à l’effort de tous les partenaires pour juguler la crise alimentaire du Nord Mali.
Cela permettra la mise en place des stratégies pour une meilleure prévention sanitaire tant pour les populations elles-mêmes notamment les enfants que pour le cheptel des éleveurs qui reste leur moyen de subsistance.
